Faire son hoofstuff soi-même pour les pourritures de fourchette profondes

Il y a quelque temps, je vous présentais deux articles dont les thèmes ont une importance capitale ces jours :

le késako de la pourriture de fourchette profonde
un mélange pour lutter contre les pourritures de fourchette

Le mélange que je vous ai proposé fonctionne très bien pour soigner un début de pourriture ou une pourriture peu profonde. Mais qu’en est-il pour les pourritures bien profondément installées ? Pour les pieds dont les structures sont violemment atteintes ? Dans ce cas, il faut être honnête mon petit mélange de grand-mère ne suffira pas, il faut aider avec du plus lourd.

DSC_0534.JPG

Ce deuxième mélange que je vous propose est une variante du hoofstuff qu’on trouve sur le marché et qui est conseillé par les podologues équins pour lutter efficacement contre les pourritures de fourchette profonde. Ma variante du hoofstuff est composé d’oxyde de zinc, d’huile de pépins de raisin, de miel et d’huile essentielle de tea tree.

DSC_0537

Chaque ingrédient a une action qui lui est propre :

Miel
– pouvoir cicatrisant
(je maintiens mon message de sauvegarde des abeilles, ça me tient à coeur !)

Oxyde de Zinc (se trouve en droguerie)
– pouvoir anti-microbiens
– pouvoir absorbant et protecteur des tissus
– pouvoir hydrophobe

Huile de pépins de raisin
– pouvoir réparateur
– pouvoir hydrophobe

HE Tea Tree
– pouvoir antibactérien

Pourquoi de l’huile et non pas de l’eau ? L’oxyde de zinc est uniquement liposoluble, c’est à dire qu’il va se dissoudre dans les graisses et non pas dans les mélanges aqueux. Qui plus est, l’huile et l’oxyde vont former ensemble une barrière hydrophobe, c’est à dire qui ne laissera plus les molécules d’eau (et toute autre molécule polaire) passer. On connait tous ce phénomène pour l’avoir vécu lorsqu’on essaie de faire une sauce à salade et qu’on souhaite mélanger vinaigre et huile. Même si on les mélange instantanément, ils finissent par se séparer à nouveau car les différentes molécules se repoussent. Et c’est justement cette répulsion entre les molécules d’huile et les molécules aqueuses qui nous intéresse dans le hoofstuff car elle permettra de protéger la lacune médiane de la fourchette de l’entrée de l’humidité.

eau et huile.jpg

Comment faire ce mélange ?
Je suis encore en phase test concernant les quantités, mais j’ai fait du mieux que je pouvais pour obtenir une sorte de pâte.

J’ai donc mis quatre grosses cuillères à soupe de miel, suivi de 4 bonnes cuillères à café d’oxyde de zinc, 15 gouttes de tea tree et j’ai recouvert le tout avec un peu d’huile de pépins de raisin (2-3 cuillères à soupe). J’ai tout mélangé et obtenu une texture pâteuse et un peu collante, exactement ce que je recherchais. Si le mélange n’est pas suffisamment épais, je conseille de rajouter du miel. Certes le tout sera collant mais le but est d’obtenir une sorte de mastic pour combler le creux formé par la pourriture justement.

DSC_0543.JPG

 

Mais tout bon produit ne sert à rien s’il n’est pas appliqué dans les règles de l’art. Maintenant, je ne suis pas artiste, j’essaie juste d’être logique.

On va commencer par nettoyer le pied du cheval. Au cure pied d’abord, puis au vinaigre de cidre. Certes, il s’agit d’un produit aqueux qui risque donc d’être bloqué par le hoofstuff, donc idéalement, on va tenir le pied de manière à ce le vinaigre puisse s’écouler du pied. On enfonce donc une seringue sur la partie supérieure de la lacune et on injecte le vinaigre qui va s’écouler. Le sabot est donc tenu non pas sole vers le haut mais sole à la verticale. Ensuite on applique le hoofstuff. Pour ma part j’utilise une petite spatule de pâtissier plate en silicone. Elle me permet de bien rentrer dans la lacune sans blesser le cheval. Ensuite je peux nettoyer la spatule à l’eau bouillante pour la désinfecter entre chaque usage. Pour finir je vais utiliser des compresses de gaz non adhérentes que je vais enfoncer dans la lacune afin de protéger encore davantage la lacune, notamment des gros morceaux du type paille, copeau, etc… Idéalement, je tartine encore mon autre mélange par dessus le tout.

Vous l’aurez compris, je crée tout d’abord une barrière moléculaire à l’aide du hoofstuff. La barrière moléculaire va lutter contre l’humidité et les bactéries. Ensuite je crée une barrière physique pour les gros morceaux et pour finir je crée une seconde barrière anti-bactérienne avec mon premier mélange à base d’argile verte, de miel et de tea tree.

A noter quand même qu’une atteinte de la fourchette aussi importante que celle sur la photo en début d’article nécessitera bien 8 à 9 mois (voire davantage) de soins quotidiens pour régler le soucis et avoir à nouveau une fourchette parfaitement saine et fonctionnelle.

Ps : l’oxyde de zinc est nocif pour les écosystèmes aquatiques ! Veillez donc à ne jamais verser un reste de mélange dans l’évier mais à l’éliminer comme un déchet dangereux !

 

3 commentaires sur “Faire son hoofstuff soi-même pour les pourritures de fourchette profondes

  1. Ping : Suivi d’une pourriture de fourchette profonde (1) | Le poney Black & White

  2. Ping : Soins du cheval au naturel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :