L’argile : un pouvoir anti-bactérien au taquet

Traduction de cet article (11.01.16): http://scienceblog.com/480068/scientists-discover-blue-green-clays-kill-bacteria/#ZsvbAoHvsyiBqHBt.97

Depuis les temps préhistoriques, l’Homme n’a cessé d’utiliser l’argile à des fins médicinales.

Que ce soit par l’ingestion, par des bains de boues ou par des cataplasmes destinés à stopper les saignements, l’argile a longtemps soutenu la santé des hommes. Les scientifiques ont déjà reconnu que certains types d’argile possèdent des propriétés anti-bactériennes mais les mécanismes exactes restaient méconnus.

Une nouvelle découverte de scientifiques de l’université de l’état d’Arizona (ASU) a démontré que deux éléments métalliques dans les bons types d’argile peuvent tuer des bactéries provoquant des maladies qui infectent les humains et les animaux.

« La nouveauté de cet recherche a deux facettes : identifier l’environnement naturel de la formation d’argile qui est toxiques pour les bactéries et découvrir comment la chimie de ces argiles attaque et détruit les bactéries » annonce Enriqueta Barrera, directeur de programme à la fondation nationale de science (NSF), secteur sciences de la Terre , qui a financé la recherche. « Ce mécanisme géochimique pourrait être utiliser pour développer des produits qui agiraient sur les bactéries devenues résistantes aux traitements antibiotiques ».

Un cheval de Troie anti-bactérien

« Nous voyons ce mécanisme comme l’attaque à l’aide du cheval de Troie dans la Grèce antique » dit Lynda Williams, une scientifique des minéraux-argiles au ASU. « Deux éléments [travaillent] en tandem dans l’argile pour tuer les bactéries ».

Elle explique que « un élément métallique – du fer chimiquement réduit, nécessaire en de petites quantités pour la nutrition des bactéries – piège les bactéries en les incitant à ouvrir leur membrane [pour se nourrir]. Ensuite un second élément métallique – l’aluminium – explose la membrane, induisant une entrée importante de fer. Cette surabondance de fer va ensuite empoisonner la cellule [bactérienne], la tuant alors que le fer s’oxyde ».

Keith Morrison, scientifique au laboratoire national Lawrence Livermore, ajoute « c’est comme ajouter un clou au cercueil d’une bactérie morte ».

Morrison est l’auteur directeur de la publication relatant la découverte, parue aujourd’hui dans le journal Natural Scientific Reports. Williams et Rajeev Misra, une microbiologiste au ASU, sont co-auteurs.

De l’argile verte française à l’argile bleue de l’Oregon

Une découverte fortuite d’une argile médicinal en Europe a attiré l’attention de Williams et l’a incité à se plonger sur le sujet. Line Brunet de Courssou, une philanthrope avec une expérience solide dans le domaine médicinal en Afrique, a relaté l’information d’une argile verte particulière retrouvée à proximité de son lieu d’enfance en France.

Brunet de Courssou a emporté des extraits de cette argile en Afrique où elle a documenté sa capacité à soigner les ulcères de Buruli, une maladie s’attaquant à la peau, de patients sur la côte d’Ivoire.

Williams a réussi à localiser le site de cette argile verte dans la région du massif central Français. Alors que ces recherches n’aboutissaient pas, elle a commencé à tester toutes les argiles vendues en ligne avec des vertus médicinales présupposées.

Après avoir étudié des douzaines d’argiles, Williams et son équipe ont réussi à identifier une argile bleue avec un pouvoir anti-bactérien très important.

La recherche a démontré que cette argile bleue peut agir contre un large spectre d’éléments pathogènes pour les humains, incluant également des éléments antibiorésistants comme le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (MRSA).

La couleur des argiles dépend de leurs origines.

Les argiles vertes et bleues sont antibactériennes

Contrairement à la plupart des argiles couleur rouille qui possèdent beaucoup de fer oxydé, les argiles vertes et bleues possèdent davantage de fer réduit [ce qui leur confère leur pouvoir antibactérien].

Ce genre d’argiles « réduites » sont fréquentes dans de nombreuses régions du monde, se formant notamment dans les débris d’éruptions volcaniques où les roches sont altérées par les eaux pauvres en oxygène et riche en hydrogène.

Williams explique que parce que les argiles vertes et bleues sont fréquentes dans notre environnement naturel, la découverte de leur mode de fonctionnement antibactérien devrait mener à l’élaboration d’alternatives dans le traitement de maladies et infections difficilement soignables avec des antibiotiques.

« Découvrir comment l’argile naturelle tue les pathogènes humains », dit-elle, « pourrait mener à un nouvel usage économique de ces argiles et au développement de nouveaux médicaments ».

argile-verte

 

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