Les pieds nus et le froid : théorie sur l’apparition de traces rouges

IMG_20160124_094507Depuis le gel qui est arrivé il y a environ 2 semaines, le poney black & white présente des taches rouges/rosacées sous les pieds (principalement au niveau des glômes). Ces traces sont différentes des hématomes de pressions souvent présents sur les parois du sabot lorsque le parage n’est pas réalisé en respect avec la structure interne du pied.

En premier, j’ai pensé que ma jument se blessait dans la boue gelée (c’est théoriquement possible en soi), qu’il s’agissait d’hématomes de « choc ». Mais le pied nu ne peut pas mentir et s’il y a blessure, il doit y avoir souffrance. Or la jument marche 100% normalement et ne présente aucune douleur lorsqu’on touche ou sur les différents sols qu’on a par chez nous. Donc on cherche une autre explication… On se penche côté parage,  un soucis au niveau des talons ? trop hauts, trop fuyants ? Mais pourquoi donc avant le gel elle ne présentait pas ces taches ? Sole trop mince ? Cela voudrait dire qu’elle ressentirait une douleur et le montrerait… qui plus est la sole n’a plus été touchée depuis le mois de septembre ! Elle a donc bien eu le temps de gagner en épaisseur. Non, la réponse ne se situe pas au niveau du parage.

Je continue de cogiter…

C’est en cherchant un peu côté humain que je pense avoir compris le comment du pourquoi. A commencer par le fait que ce ne sont pas des hématomes.

Je précise toutefois qu’il s’agit là d’une théorie que j’ai établi. Je n’ai pas encore trouvé d’étude qui démontrerait la véracité de ces propos. Il s’agit juste d’une suite logique d’idées que j’ai eu.Lorsque nous, petits humains, avons froid, nos extrémités deviennent rouges. L’explication est simple. Nos extrémités sont tapissés de petits vaisseaux sanguins (les capillaires). Ces derniers servent à irriguer les tissus. Nos extrémités comportent en  très très peu de muscles.

La température corporelle oscille entre 36.1° et 38.5°. Dans le cerveau, une glande gère la régulation thermique. Il s’agit de l’hypothalamus. C’est ce chef d’orchestre qui fait office de thermostat.

En période de froid, le sang se refroidit, l’hypothalamus est prévenu et la thermogenèse ou production de chaleur est activée. Nos muscles et nos vaisseaux se contractent afin que les organes nobles (le cœur, le cerveau) soient irrigués en premier.

On comprendra donc que nos extrémités rougissent en raison de la production de chaleur et la contraction des muscles et vaisseaux .

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Revenons au cheval. La structure du pied interne du cheval comporte un coussinet sous la 3ème phalange. Ce coussinet est une structure particulièrement bien irriguée. En effet, lorsque le cheval pose le pied au sol, ce coussinet est comprimé et permet ainsi de fonctionner comme pompe sanguine et renvoyer le sang en amont du pied.

Le sabot du cheval ressent le froid autant que nos doigts ou nos pieds d’humain. Le froid va induire une réaction du corps qui va tenter de se réchauffer et de protéger les organes nobles en premier (j’avais des doutes à savoir si les sabots sont des structures nobles car pour moi un cheval qui est sur 3 jambes c’est un cheval vulnérable vis à vis des prédateurs, mais quelque part un humain dont les pieds sont entièrement gelés le serait tout autant… Je pars donc du principe que coeur et cerveau sont les organes nobles principaux à sauver chez les deux espèces.)

La thermogenèse va engendrer une compression des capillaires et des structures.

Pourquoi est-ce que cela se voit au niveau des glômes tout particulièrement ? Si on analyse des « venogrammes » (radiographie permettant d’analyser la vascularisation), on remarquera justement ce condensé de vaisseaux sanguins au niveau du coussinet plantaire.

Pourquoi cela ne se voit pas beaucoup sur les chevaux ferrés ? Le fer bloque cet effet de pompe et se met à poser le pied en pince d’abord. L’élément amortisseur dans la structure interne du pied n’est plus utilisé et s’atrophie peu à peu. L’atrophie mène à une diminution importante des vaisseaux sanguins. Moins de vaisseaux sanguins contractables = moins de rougeur visible. Mais cela ne signifie pas que les chevaux ferrés ne ressentent pas également du froid au niveau de leurs pieds. Et les pieds noirs subissent le même phénomène, mais ce dernier n’est visible que sur les pieds blancs (hélas ou heureusement, au choix).

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Si ma théorie est correcte (du moins en partie), avec la disparition du « grand » froid, ces traces rouges devraient également disparaître. Si les traces persistent, une autre théorie devra être avancée.

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