Oser dire « non, j’ai peur »

Dans le monde du cheval, on nous donne souvent l’impression que si on n’ose pas tout faire, alors on ne sait pas monter.

J’ai eu des profs qui te forçaient presque à exécuter des choses qui te faisaient peur, d’autres qui étaient prêts à t’écouter et à t’aider, via des alternatives, à atteindre l’objectif.

Quand j’ai commencé à monter à cheval, je me suis pris un nombre de gamelles incalculables. Pas grave, on remonte, on continue… En tant que gosse, tu ne calcules pas vraiment le danger, tu y vas et tant pis si t’as un peu mal après. En tant qu’adulte, tu as des questions existentielles qui se baladent dans ta tête :

« Si je tombe et que je me casse le poignet droit, qui signera à ma place ? »

« Si je me prends cet arbre dans le genou, comment je
ferai pour courir après mon bus chaque matin ? »

« Si mon cheval s’empale avec une branche,
est-ce que mon cheval peut s’empaler sur une branche en fait ?  »
(réponse : oui, je connais deux cas à qui c’est arrivé. Rassurez-vous, les chevaux vont bien)

Et puis alors que toutes ces questions te trottent dans la tête, tu te crispes, tu angoisses, bref, c’est nul comme sentiment.

Parfois on souhaite suivre les amis et on n’ose pas dire non, de peur de passer pour « celle qui ne sait pas maitriser son cheval ».

Le vrai courage à cheval, ce n’est pas vraiment de se lancer tête baissée dans un exercice qui nous fait peur (que ce soit simplement de galoper ou de sauter 1m50 ou juste de curer les pieds arrières d’un cheval), le vrai courage c’est d’oser dire non. Non j’ai peur, non je n’ai pas envie, non je n’y trouve aucun plaisir.

J’ai moi-même perdu une très grande partie du courage que j’avais en étant gamine.

On a tous nos limites, certaines semblent plus avancées que d’autres. Mais le niveau d’un cavalier ne se définit pas forcément à ce qu’il ose faire ou ne pas faire. Le niveau d’un cavalier, en dehors de ses aptitudes, se juge également à sa « sagesse », à sa capacité à reconnaître ses propres limites et surtout à les accepter. Monter à cheval, c’est provoquer le danger quelque part… On s’en remet finalement au bon vouloir d’un animal de 500kg en moyenne, bien sympa, qui nous accepte et qui a l’immense bonté d’exécuter les choses bizarres que son cavalier lui demande. A quoi bon ajouter de la peur à ce joyeux mélange et tout gâcher ?

Mais il est bon parfois d’oser dépasser ses peurs, cela nous fait progresser. Mais ces limites se repoussent d’elles-mêmes petit à petit qu’on travaille là-dessus. La pire erreur c’est finalement de se dire qu’on ne le fera jamais. Avec du travail, de la patience et surtout de la passion, toutes les barrières psychologiques que l’on s’inflige finissent par s’affaisser et semblent peu à peu franchissables. Un fois un cap franchi, la fierté n’en est que plus grande !

Alors oui j’ai parfois peur dans certaines situations malgré les 1m50 de mon poney, mais soyez-en assurés, je me soigne !

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2 réflexions sur “Oser dire « non, j’ai peur »

  1. mlleponey dit :

    Cela dépend des gens je pense …, moi, la peur peut me paralyser, mais un coach un peu « directif » peut le faire me dépasser si sa méthode et son approche sont bonnes … ^^ Tout ça parce que je n’aime pas dire non, que je suis un peu rebelle et que j’ai l’esprit de compétition (mais parfois il me faut ce petit coup de pied aux fesses!!)

    Aimé par 2 people

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