Mash occasionnel, la fausse bonne idée mais pourquoi on le fait quand même

Je vous ai déjà perdus au titre, n’est-ce pas ?

Le mash… ça sent bon, c’est chaud. En fait, de notre point de vue humain, c’est un peu comme la bonne soupe aux choux de mémé en hiver, on en redemande !

Le mash a tendance à être donné occasionnellement soit après un effort ou à hauteur de 1-2x/sem en hiver car, oui, c’est vrai, petit poney aime bien et comme on a l’impression qu’il a peut-être froid, on aime bien l’idée de lui donner quelque chose de chaud. Sauf que petit poney a beau aimé car ça a bon goût, son système digestif lui, va tirer la gueule.

Le système digestif du cheval est malheureusement d’un rigidité incroyable. C’est une bête d’habitude. La microflore qui se développe dans le système est adaptée à ce que le cheval reçoit quotidiennement. Celle-ci, bien que composée principalement de bactéries à la durée de génération courte, est donc spécialisée pour digérer puis assimiler certains éléments nutritifs, soit ceux que notre cheval mange tous les jours : son foin, son pré, son grain…

On retrouve cinq genre de micro-organismes dans le microbiote digestif du cheval :

  • Les bactéries cellulolytiques : digestion de la fibre
  • Les bactéries protéolytiques : lyse des protéines
  • Les bactéries produisant de l’acide lactique : digestion de l’amidon
  • Les protozoaires : production d’acides gras volatiles
  • Levures : lyse de la fibre

Et également d’autres bactéries responsables pour la production de Vitamine B notamment.

L’équilibre du nombre de bactéries définira la santé de l’animal, le but étant de garder le nombre de bactéries cellulolytiques élevé et le nombre de bactéries produisant de l’acide lactique bas. Les bactéries cellulolytiques produisent également des acides gras volatiles, rendant ainsi l’environnement néfaste pour des bactéries pathogéniques telles que E.Coli ou les salmonelles. Cet équilibre est sensible et dépendant de l’alimentation habituelle du cheval.

Dans le cas où un aliment non habituel venait à entrer dans le système, celui-ci ne posséderait pas les outils nécessaires pour en profiter pleinement. Pour qu’un changement de flore opère, il faut qu’une habitude se crée. Ainsi, le mash qu’on donne occasionnellement ne peut être parfaitement assimilé par l’organisme et, dans le pire des cas, peut même stresser ce dernier causant davantage de tord que de bien.

Pourquoi on continue d’en faire ? Justement, car poney aime bien et tout comme avec les récompenses, on aime faire plaisir à poney. Autre exemple « malsain » : ne jamais donner de carottes et tout à coup en donner 1 kg. Là aussi, le système digestif sera surmené.

Comment faire pour bien faire ? Si l’envie irrésistible d’offrir un repas chaud à votre compagnon se manifeste, prenez simplement une petite portion de sa ration habituelle et faites la tremper dans l’eau chaude ou alors, si vous y tenez, prenez un Mash dont la composition ne diffère que très très peu de son alimentation habituelle. Ainsi l’organisme ne sera pas dépaysé et poney pourra en profiter pleinement.

Références :

https://ker.com/equinews/balancing-microbes-horses-digestive-tract/

Cours « alimentation et bien-être équin » de Sabrina Peyrille

Clauss, Marcus (2013). Digestive physiology and feeding behaviour of equids – a comparative approach. In: Horse Health Nutrition – European Equine Health Nutrition Congress, Gent, Belgium, 1 March 2013 – 2 March 2013, 25-33

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