A cheval contre le cancer – Zoé4life : 1ère randonnée

Voilà, nous avons donc fait notre première randonnée dans le cadre de notre action « A cheval contre le cancer -Zoé4life » que nous faisons avec Cécile et sa jument Tamae.

Cette 1ère randonnée a été une expérience équestre inoubliable ! Il s’agissait de ma première randonnée en semi-autonomie et j’ai pu vivre cette expérience grâce à ma fidèle Lolette qui a juste été exceptionnelle !

Ces derniers mois, à la maison, j’ai vécu le poney black and white dans toute sa splendeur : tantôt ange, tantôt démon, c’était noir ou blanc, mais surtout pas de nuance de gris.

En partant du contexte de ces derniers mois, j’appréhendais un peu le fait de me retrouver avec le côté démon de Lola durant tout un week-end (déjà que 2h de balade c’est l’enfer, imaginez 50 km… 50 km à dos de Lola, ça useuh, ça useuh).

2018-06-30 18.51.23

Dès le chargement à l’écurie, je trouve que ma jument est drôlement calme, comme si elle sentait le coup fourré. A Carrouge, je peux la préparer sans problème, lui enfiler ses chaussons, mettre la selle et tout le bazar qu’on emmenait sans qu’elle ne bouge une oreille. Je décide de lui mettre son masque à mouche, outil immonde mais qui lui rend la vie tellement plus agréable (ainsi que la mienne !). Et ensuite, départ !

Lola marche très calmement, comme sur la retenue. J’ai l’impression de monter une vieille jument routinière qui sait qu’elle doit s’économiser. Je pense un instant que ce sont les boots qui malgré leur qualité diminuent un peu le sentiment que le pied a en foulant le sol et les informations qui lui parviennent. Quoi qu’il en soit, je savoure son calme.

Les heures défilent, on alterne entre monte et marche à pied. Lola continue de rester calme. Elle délire un peu dès qu’on se retrouve sur de l’herbe, mais ça, elle l’a toujours fait. On passe à travers tout type de décor : forêt, champs, gros villages. La diversité est là et le défi l’est également : pas tous les chevaux auraient accepter de passer là où nous allions, encore moins de se retrouver attacher sur le parking du Denner entre les voitures ! Mais Lola oui, elle est faite pour la randonnée.

2018-06-30 18.51.22La première journée se termine après 8h10 de trajet. Au moment de lui enlever les boots, je réalise que ces dernières ont appuyé sur les glômes. Rien de grave, c’est juste légèrement comprimé. Je regarderai le lendemain si Lola accepte que je les lui remette.

Dimanche, 9h30, départ. Nous ne savons pas vraiment la distance que nous allons parcourir. Les tracés ont été modifiés à la dernière minute jeudi avant notre départ afin de viser un maximum les zones ombragées et nous avons eu raison de le faire. La chaleur est pesante et chaque fontaine, zone d’ombre est la bienvenue. L’après-midi, en raison d’un soucis de passage (un vieux pont délabré impossible à passer avec les chevaux), nous devons faire un bout sur route. Arrivées ensuite en forêt, Lola s’arrête d’elle-même et souffle fort. Je descends et l’encourage à continuer. Nous marchons calmement et bientôt elle se remet en quête de la moindre touffe d’herbe à manger : pas de doute, elle va mieux ! De mon côté, je sens mon inflammation des tibias qui revient et je finis par remonter sur son dos pour le dernier bout. 2018-06-30 18.51.30

Nous arrivons à bon port en milieu d’après-midi, fatiguées. Je suis fière de ce que mon bout de poney a fait du haut de ses 6 ans mais surtout de son comportement qui a été irréprochable. Elle est passée partout, a su gérer raisonnablement ses peurs et son énergie, elle est restée calme à l’attache, un vrai régal.

De retour à la maison, c’est plusieurs jours de repos qui nous attendent. De mon côté, je m’attelle à trouver des boots qui iront parfaitement et à améliorer mon matériel de manière à ce qu’il soit plus pratique, plus agréable pour nous deux. De son côté, elle broute….

 

 

A cheval contre le cancer – Zoé4life

Le cancer ça ne touche pas que les autres…

Cette année, avec Cécile du blog « Les aventures de Tam Tam« , nous avons décidé de rallier notre passion à une bonne cause. C’est ainsi que nous avons décidé de relever un défi sportif aux couleurs de l’association romande Zoé4life qui oeuvre activement dans la lutte contre le cancer de l’enfant. Notre but ? Sortir de notre zone de confort en parcourant 150 km répartis sur 3 randonnées dans les cantons de Vaud et Fribourg afin de donner de l’écho aux voix des enfants malades qui luttent courageusement au quotidien ainsi qu’à leurs familles qui les soutiennent.

En quoi est-ce un défi sportif ? Parcourir 150 km en 3 randonnées implique donc une moyenne de 50 km par randonnée, soit environ 10h à cheval si tout va pour le mieux. Ces 50 km seront à chaque fois répartis sur 2 jours avec une nuitée chez des amis ou connaissances. Les chevaux, tout comme nous, devront être entrainés afin de pouvoir parcourir ces distances sans être trop fatigués ni en souffrir. Les chevaux porteront non seulement les cavalières (qui descendront régulièrement pour les soulager) mais également des sacoches remplis de matériel (trousse de secours, matériel de pansage, pijama licorne, brosse à dent à paillettes, etc…). En plus du côté sportif, il y aura également le côté organisationnel. Nous devons tout avoir sous la main en cas de pépin (ou de petite faim, tout simplement). Bien-sûr, nous n’allons pas non plus nous enfoncer dans une jungle tropicale, mais reste que nous voulons dans la mesure du possible pouvoir nous passer d’aide externe.

Le but de l’aventure est de pouvoir donner de la visibilité à ce combat contre la maladie qui est mené au quotidien par des centaines d’enfants et leurs familles, mais également de récolter des dons pour l’association Zoé4life qui lutte contre le cancer de l’enfant.  L’idée principale est que les gens puissent soutenir notre action en faisant don d’un montant fixe à l’association via un versement ou en nous le donnant afin que nous le transmettions. Les dons peuvent être faits à tout moment de l’aventure et même après que celle-ci se soit terminée pour nous. Chaque centime compte !

Ces dons vont servir à soutenir les 4 buts principaux de l’association qui sont :

  • Aider les familles dont un enfant souffre du cancer
  • Oeuvrer pour améliorer le quotidien de l’enfant en traitement
  • Sensibiliser le public au cancer de l’enfant et à la problématique liée au traitement
  • Soutenir la recherche

Les dons peuvent être faits sur le compte suivant :

CH32 8041 4000 0030 1943 8
Zoé4life
1036 Sullens

Mention : poneys

Notre aventure peut être suivie à tout moment sur notre page facebook :

A cheval contre le cancer – Zoé4life A cheval contre le cancer – Zoé4life

Un petit like sur la page c’est déjà une forme de soutien de la cause, donc n’hésitez pas !

Et n’hésitez pas non plus à télécharger notre brochure Flyer Zoé4life pour la distribuer autour de vous et faire connaitre l’association !

D’avance nous remercions toutes les personnes qui nous aideront/aident déjà à mettre en place ce projet ainsi que toutes les personnes qui soutiennent l’association que ce soit moralement ou financièrement !

Notre rêve ? Que les mots « enfants » et « cancer » ne soient plus associés.

Bien à vous

Cécile et Vanina

yup

Et si ça n’avait pas été facile ?

 » Il n’est pas rare de voir des jeunes cavaliers, et surtout des adolescents, se valoriser de la difficulté de leur cheval.
Certains en iraient même jusqu’à provoquer des défenses pour paraître plus méritants de les avoir maîtrisées.

Un dicton dit pourtant : « Il vaut mieux monter un tigre qui a l’air d’un agneau, qu’un agneau qui a l’air d’un tigre ! »
Le plus beau compliment qu’on puisse faire à un cavalier, qui a dressé son cheval, est de lui dire qu’il est facile, lui, parce que son cheval « va tout seul ».

Le moniteur doit convaincre ses élèves que la marque du bon cavalier n’est pas de corriger les fautes mais de les éviter, que le véritable mérite n’est pas de dominer le cheval mais de lui donner envie de collaborer.
Faire les choses bien et dans l’ordre, sans stress et sans défense ; en équitation, le temps perdu se rattrape toujours ! »

Luc Pirick

 

Je pense que cette citation est bien connue de la plupart d’entre vous et pourtant, j’aime la lire encore et encore. Elle me parle.

Quand j’étais plus jeune, quand j’étais ado, je rêvais de chevaux difficiles que moi seule pouvais apprivoiser avec lesquels je créerais un lien unique, un peu comme dans les livres heartland.

Je rêvais de challenge, de défis mais surtout de la gloire personnelle qui découlait d’avoir dompter la bête. J’aimais les chevaux d’école plus difficiles, pas seulement pour eux, mais pour la fierté d’avoir le droit de les monter.

Peu à peu les années sont passées. Ma vision de ce fameux lien unique a changé. J’ai eu quelques demi-pensions. Avec certains chevaux, c’était difficile, un combat presque constant, je me suis fait peur. Avec d’autres j’ai repris confiance, j’ai retrouvé le plaisir de monter à cheval. Et avec d’autres encore, j’ai appris le travail au sol et la juste mesure. Et puis est arrivée ma crevette.

Avec Lola, tout a été différent. J’ai pu appliquer tout ce que j’ai pu apprendre en 14 ans d’équitation et de relations avec des chevaux de tous genres avant notre rencontre, le tout en adaptant ces connaissances aux besoins de Lolette. Mais une chose était fondamentalement différente : avec Lola tout était/est simple.

10365971_1486716841559008_2598520249928349000_n.jpgAttacher et brosser une petite pouliche un peu pouilleuse ? simple.

Partir balader à la main une petite pouliche de 9-10 mois ? basique.

Transporter une pouliche sans le moindre soucis ? simple.

Monter la première fois sur son dos comme si c’était normal ? basique.

Sans vous refaire toute la chanson, vous l’aurez compris, tout s’est fait naturellement, tout seul en quelque sorte. Lola a toujours été curieuse et motivée à apprendre. Le débourrage s’est fait sans en être un (jamais la moindre boquée, un galop équilibrée depuis le début, les transitions à la voix, les changements de direction au poids du corps, etc…). Je le dis souvent, ma jument s’est débourrée sans moi.

En parallèle, j’ai connu des gens qui galéraient : chevaux trouillards, hyper-sensibles, manque de volonté… et là je me pose la question : si Lola avait été difficile, est-ce que j’aurais continué à m’accrocher ? Moi qui ne rêve plus que d’une petite vache pépère sans stress pour profiter de mes balades…

Et avec la maturité, je réalise avoir plus de fierté à me dire que tout a toujours été avec Lola que si je devais dire que c’était moi qui ai dompté la bête.

La réflexion que je me fais ne trouvera jamais de réponse. Lola aura 6 ans dans quelques jours. Ca a toujours été facile, même dans les moments difficiles en fait. Notre relation est-elle aussi simple car nous nous sommes trouvées ? Est-ce que j’ai formé mon cheval selon mes souhaits sans m’en rendre compte ? Est-ce que j’ai juste eu de la chance ?

Quelle que soit la réponse à ces différentes questions, je ne changerais pour rien au monde ce que nous avons vécu. Je ne peux pas me jeter des fleurs concernant ma capacité à gérer la bête, mais j’ai mieux. Je ressens une fierté immense face à l’évolution autonome de ma jument. Elle a grandit, est devenue mature (ou pas), autonome, et ce sans que je doive forcément intervenir.

Ma jument n’est ni un agneau, ni un tigre… c’est une perle avec son propre éclat.

Tu es un cavalier en Suisse si….

Le/la (personne ne sait vraiment) Landi est THE magasin pour te dépanner. Tu aimes y aller rapidement avant d’aller à l’écurie pour y acheter des bonbons, un licol à 7.90chf, une petite cravache de saut car tu as encore perdu la tienne ou juste pour acheter un paquet de carotte. Dans tous les cas, tu connais leur assortiment et tu fais la fête lorsque ce dernier s’agrandit. Le tout juste après être passé à la migros acheté du thé froid bien-sûr.


Sur les places de concours, tu sais que « la croiiiiiiiix » et « krüüüüüüzli » veulent dire la même chose mais que dans le doute, tu dois clairement te pousser de devant les obstacles. C’est qu’on en deviendrait presque bilingue.


En parlant concours, cela te gave énormément de devoir faire 1h avec le van pour t’y rendre. Tout est si près chez nous qu’on est vite agacé par un trajet plus long. Mais bon, on accepte quand même de les faire, surtout si sur les 1h de trajet, il y a 57 minutes sur l’A12.


A la recherche d’un véhicule, tu tombes forcément sur des sites français et là, grande surprise, certaines voitures, identiques en tout point, tractent davantage en Europe qu’en Suisse. Mais lorsque tu dois escalader je ne sais quel talus pour te rendre à ton concours, tu es bien content/e d’avoir de la marge.


Ton permis élève pour la remorque, tu l’as prolongé minimum 1x (ou alors tu as passé l’examen à 2 jours de la fin).


En voyant la législation compliquée et bien souvent illogique qui entoure le fait d’avoir des chevaux dans ton terrain sans fin, à toi qui n’est pas agriculteur/trice, tu finis par renoncer d’avoir tes loulous chez toi et tu galères à trouver la pension de tes rêves car de toute façon, tu aurais pas fait ça comme ça chez toi.


Tu regardes SF2 (prononcé éss-éff-zweuï) pour les grandes épreuves hippiques malgré le commentateur qui crache du bon allemand (toujours le même depuis bien 15 ans au passage) tout ça car la RTS ne la diffuse pas.


Tu aimes bien participer de temps à autre à un rallye avec ton cheval et tu sais très bien qu’il ne s’agit pas d’une course de voiture. Et à peine passé le röschtigraben, voilà qu’on appelle ces épreuves des Patrouillenritt.

29063704_2010268145905945_43408315337670656_n.jpg

 

 

 

Mon cheval est un monstre

EDIT : au vu de certains commentaires que j’ai pu recevoir, je souhaite préciser que certaines expressions qui vont suivre dans ce texte comme notamment « faire son cheval en steak » sont à prendre au 2, 3, voir 9ème degré ! A aucun moment un cavalier ne souhaite la disparition de son animal, aussi infecte la situation puisse-t-elle être. Donc merci à tous de faire preuve de 2ème degré comme vous le faites généralement pour mes autres articles 😉

J’entends déjà venir les fervents défenseurs amoureux de ma jument : « Mais non, elle est trop chouuuue Lola !!! Et puis elle a peur de rien, c’est trop bien ! Jamais un écart », blablabla…

Avez-vous jamais pensé que ma jument puisse être une teigne au caractère difficile ? Qu’à la maison, lors de notre quotidien, nombreuses sont les fois où je souhaiterais en faire du steak ? (ou de la chinoise quand je me sens d’humeur à inviter des gens).

Ce qu’on voit en compétition ou ce que les gens acceptent de vous montrer, surtout sur internet, ce n’est souvent que la pointe rose à paillettes de l’iceberg qui représente la relation homme/cheval. Mais il est temps de tomber le rideau. Lire plus

La graisse à sabot, une fausse bonne idée

DSC_0013Lorsque j’étais plus jeune, j’ai appris qu’il était nécessaire de graisser régulièrement (min. 1x par semaine) les pieds de nos chers compagnons. Des graisses à sabot, il en existe sous tous les formats, toutes les couleurs, tous les arômes (tous les goûts).

La réalité est un peu autre que ce qu’on m’a enseigné. L’hydratation d’un pied  (qu’il soit ferré ou non), se fait avec de l’eau et non de la graisse, ni de l’huile.

En fait, la graisse va former une fine pellicule sur la surface du sabot, rendant ce dernier imperméable à tout échange aqueux avec son environnement. C’est comme mettre une crème grasse sur notre peau : on se retrouve juste avec la peau grasse pendant des heures mais pas de réelle hydratation. Cette dernière se fait uniquement avec de l’eau par Lire plus

Notre fabuleuse histoire : cheval de thérapie

Logo-Cavalcade.pngCet article est écrit dans le cadre de la 42ème cavalcade des Blogs, lancée par Aurélie du blog A dada mon Dadou et dont le thème est « Votre fabuleuse histoire ».

Pour cette édition, Aurélie m’a contacté en privé. J’avoue avoir décliné dans un premier temps car je peine à écrire sur un thème donné (si si, presque tous mes textes sont écrits spontanément en quelques minutes, même ceux où j’inclus des références). Ce thème d’une fabuleuse histoire m’a fait cogité. J’ai fini par trouver sur quoi écrire, mais encore fallait-il trouver les mots.

Donc finalement, voici notre fabuleuse histoire du moment :

En 2016, on me propose de prendre Lola pour faire de la thérapie avec les gens en situation de handicap du foyer de mon village. J’accepte, convaincue que cela pourrait être une merveilleuse expérience. Hélas, cela ne se fera pas. En effet, la thérapeute et Lola ont quelques difficultés pour s’entendre, laissant la thérapeute supposer que Lola n’a pas la maturité nécessaire pour s’adapter à différents cavaliers. A cette époque, Lola était déjà régulièrement montée par des enfants malgré ses 4.5 printemps. La sécurité avant tout, je n’insiste pas mais reste déçue de ne pas pouvoir nous lancer dans une aventure si pleine de sens à mes yeux.

 

Automne 2017, une amie cherche un cheval pour faire de la thérapie avec une résidente adulte du foyer où elle travaille. Le but serait de passer du temps avec l’animal en le brossant et en le caressant. Je lui écris pour lui dire que si elle souhaite tenter l’expérience, Lola est à sa disposition. On doit se redire.

Début décembre 2017, nous fixons une première date pour une séance test. Je suis tendue. Je fais confiance à Lola, l’ayant toujours connue exemplaire avec les enfants, mais reste que je ne connais pas la résidente ni ses réactions et je ne sais pas si Lola sera aussi brave avec une adulte. J’ai peur de ne pas être capable de gérer la situation et je sais que si je perds les pédales, Lola les perdra aussi. Je n’ai pas la boule au ventre, mais j’appréhende beaucoup. Je vais lire ici et là des choses sur la pathologie de la résidente mais je réalise rapidement qu’internet ne va pas m’aider au vu du fouillis total d’informations qui s’y trouve. Je me renseignerai auprès de mon amie suite aux séances.

Le jour J arrive. Nous faisons connaissances de manière très naturelle et je me détends immédiatement. Allez savoir pourquoi j’ai diabolisé la situation en l’appréhendant de la sorte. Le manque de connaissance et la peur de la différence sûrement. J’explique à la thérapeute et à la résidente comment nettoyer un cheval, les brosses à utiliser ainsi que 2-3 détails sur le comportement et l’histoire du cheval. Je m’attarde bien-entendu 2 secondes sur le fait que « non, Lola n’est pas ferrée ». Je me détends, je prends du recul et j’observe mon petite poney black and white. Lola tourne souvent la tête pour regarder ces 2 débutantes s’affairer autour d’elle, comme elle le faisait avec les enfants. Elle observe particulièrement la résidente. Je pense qu’elle sent qu’elle est différente d’une certaine manière. Ses pieds sont ancrés au sol, elle ne bougera pas si ces dames sont autour même si je la pousse, elle attend d’être certaine d’avoir la place. Aucune réaction brusque ni soudaine. Lola se laisse également caresser et brosser au niveau de la tête. Elle qui parfois fait sa sale gamine (mais je m’en fiche d’être propre de la tête !) reste calme, douce, les yeux mi-clos. La séance se passe à merveille.

 

Nous enchainons à raison d’environ 1 séance par semaine, voire tous les 10 jours. Ces séances me demandent une énergie mentale folle même si elles ne durent en général que 30 minutes. Je reste responsable que tout se passe bien et je suis constamment aux aguets mais Lola est exemplaire et après chaque séance je ne peux m’empêcher de me dire qu’il faudrait que je lui accorde la confiance qu’elle mérite largement. Elle se rue un peu trop fortement sur les carottes/pommes que la résidente lui amène, mais pour le reste, elle ne bouge pas une oreille et souvent, somnole entre 2 regards pour situer ces dames. La dernière fois, elle a même montré à la résidente où la gratouiller (base de la queue qu’elle met de côté en signe qu’elle aimerait bien une gratouille). Ainsi en quelques séances j’ai pu observer non seulement que la résidente se sentait de plus en plus à l’aise avec Lola, allant plus franchement vers elle, apprenant petit à petit à curer les pieds, mais j’ai également vu ma jument décider de lui faire confiance et se détendre. Elle ne bouge pas, reste les pieds figés au sol mais elle regarde moins où sont ces inconnues, elle profite de se faire cajoler, les yeux mi-clos, les oreilles pendantes.

Contrairement à ce que l’on pense des animaux, ce n’est pas « logique » pour un cheval d’accorder sa confiance et d’être aussi calme avec une personne si différente. Le cheval sent des choses qui vont au delà de la perception humaine et de notre compréhension. Lors d’une petite promenade dans la stabulation, j’ai remarqué des réactions très différentes d’un cheval à l’autre, passant de l’ignorance, la curiosité à l’aggressivité. En effet, la jument dont nous savons qu’elle a quelques soucis à gérer ses propres émotions n’a pas su comment réagir face à la vague d’émotions et de différence que dégageait la résidente et y a réagi en couchant les oreilles et en montrant les dents. Réaction très franche et à laquelle, je dois l’avouer, je ne m’y attendais pas, pensant que tous les animaux étaient gentils et doux avec les gens différents. Il est bien clair que pour accepter cela, il faut d’abord être bien dans sa tête. Lola, quant à elle, a présenté dès le début une curiosité polie. Tu m’intrigues, mais d’abord faisons connaissances.

A la base, cette expérience devait être une thérapie pour la résidente, mais au final, je crois bien que la thérapie va dans les deux sens et se transforme en séance de développement personnel pour nous trois. C’est une histoire d’apprentissage, de découverte de l’autre.

Il nous faut réapprendre à nous apprivoiser

 

C’est notre fabuleuse histoire….

Economie et sensibilité du pied nu

Avoir un cheval pied nu n’est pas tous les jours facile. Pour ma part, j’ai de la chance, après 2 ans de pied nu, Lola est définitivement un 4×4 et de mon côté j’ai pris suffisamment de bouteille niveau parage pour savoir ce qui lui convient et ce que je dois éviter, mais surtout, je sais reconnaitre ses réactions !

Il arrive que sur certains chemins, elle refuse de galoper ou marche bizarrement. Alors que les regards extérieurs y voient de la sensibilité et donc de la douleur, il en est bien souvent tout autre pour les chevaux pieds nus habitués et parés correctement.

Le pied nu offre aux chevaux une perception des sols qui est complète et bien différente. du pied ferré. Le pied nu, de par sa souplesse naturelle, offre un amorti et une stabilité bien supérieurs à ce que peut offrir n’importe quelle structure métallique apposée sous le pied, mais cela implique également une lecture du sol et donc un évitement des zones délicates.

Concrètement, les pieds du cheval servent à son interaction avec l’environnement. Les pieds sont formés d’une enveloppe de kératine pour protéger les structures internes où se trouvent également des récepteurs sensitifs qui lui permettent d’analyser la surface du sol. Ces récepteurs permettent au corps du cheval de déclencher les réflexes neuromusculaires du mouvement. Ces récepteurs sont des thermorécepteurs (température), des nocirécepteurs (douleur) ainsi que des mécanorécepteurs (mouvement mécanique) (Floyd & Mansmann, 2007). Ainsi, le pied du cheval n’est pas juste une grosse boite rigide, il s’agit d’un organe vivant et sensible capable d’analyser ce qui l’entoure et d’y répondre spontanément.

Cette sensibilité naturelle permet au cheval de choisir ses chemins mais surtout de s’économiser ! Ainsi, un cheval qui refuse de galoper lorsque le terrain devient un peu délicat ne le fera pas forcément car il a mal, mais tout simplement car, comme un coureur qui modifie sa foulée selon le sol, il s’économise et souhaite éviter les blessures. Le cheval est donc tout à fait capable d’adapter son allure au terrain de son propre chef. Lire plus

#fierdetreunchevalpoubelle

Hello les namis, c’est l’écolo de service qui vient vous donner mauvaise conscience ! Je vous ai manqué ?#fierdetreunchevalpoubelle

Il y a quelques semaines, deux photos ont été prises d’un cheval de trait en ville de Lausanne. Son travail ? Accompagner des éboueurs dans leur tâche quotidienne d’entretien de la ville. Son titre ? Cheval urbain. L’idée ne date pas d’hier.

Bien que je ne doute pas du succès que le cheval a pu rencontrer dans la ville, son succès sur face de bouc a été entaché par des gens d’un magazine animalier qui n’avaient pas compris le principe et qui forcément ont crié au scandale sans même savoir de quoi il s’agit vraiment. Le cheval a été associé à un cheval poubelle, donc un cheval qu’on traiterait comme une M en lui lançant nos déchets dessus. Quel raccourci…. Bref, les idées proposées plus saugrenues les unes que les autres prêtent à sourire devant tant de bêtise. Et le pire dans tout ça, c’est que je pense que le fait que le cheval doive marcher sous la pluie soit encore ce qui a le plus choqué les rageux.

 

 

Lire plus

Pad de monte à cru fait maison

Qu’ils sont beaux ces pads de monte à cru, avec le mouton qui semble douillet, leur siège qui te donne l’impression que tu tiendras mieux à cheval…. Ah mais que c’est beau de rêver.

 

 

Rêver oui car ils ne sont clairement pas donnés ! Etant étudiante et fauchée comme les blés par définition, j’ai décidé Lire plus

Impression-pad : 2ème round

Bon, après des mois, voire des années de retard, j’ai réitéré l’essai de l’impression-pad. Pour rappel, il s’agit d’un tapis de selle fait à base de pâte à sel qui a pour but de montrer les points de pression d’une selle. Mon 1er essai n’avait pas du tout été concluant.

Après avoir fait la pâte puis mise tant bien que mal dans des sacs plastiques, je m’en suis  allée gaiement à l’écurie pour tester non seulement ma fabrication, mais également une selle que j’ai en prêt. Déplacer le pad jusqu’à l’écurie tout en le gardant beau plat et régulier, voilà une odyssée qui mériterait son propre article, mais là n’est pas le sujet.

 

 

Lire plus

Estomac du cheval : il vaut mieux que la bouteille soit remplie d’eau

Il y a peu, j’ai eu la grande chance de pouvoir participer à un petit stage sur le bien-être alimentaire équin donné par Sabrina Peyrille (https://www.sabrina-peyrille-seve.com/) une ingénieur en alimentation équine.

Le cours était très intéressant et m’a fait comprendre beaucoup de choses concernant certains chevaux que je côtoie ou que j’ai pu côtoyer.

Dans cet article, je souhaiterais juste reprendre une partie du cours avec l’exemple utilisé car je trouvais que c’était très parlant et très intéressant, il s’agit de l’estomac et de son contenu.

88012043_o Lire plus