Tu es un cavalier en Suisse si….

Le/la (personne ne sait vraiment) Landi est THE magasin pour te dépanner. Tu aimes y aller rapidement avant d’aller à l’écurie pour y acheter des bonbons, un licol à 7.90chf, une petite cravache de saut car tu as encore perdu la tienne ou juste pour acheter un paquet de carotte. Dans tous les cas, tu connais leur assortiment et tu fais la fête lorsque ce dernier s’agrandit. Le tout juste après être passé à la migros acheté du thé froid bien-sûr.


Sur les places de concours, tu sais que « la croiiiiiiiix » et « krüüüüüüzli » veulent dire la même chose mais que dans le doute, tu dois clairement te pousser de devant les obstacles. C’est qu’on en deviendrait presque bilingue.


En parlant concours, cela te gave énormément de devoir faire 1h avec le van pour t’y rendre. Tout est si près chez nous qu’on est vite agacé par un trajet plus long. Mais bon, on accepte quand même de les faire, surtout si sur les 1h de trajet, il y a 57 minutes sur l’A12.


A la recherche d’un véhicule, tu tombes forcément sur des sites français et là, grande surprise, certaines voitures, identiques en tout point, tractent davantage en Europe qu’en Suisse. Mais lorsque tu dois escalader je ne sais quel talus pour te rendre à ton concours, tu es bien content/e d’avoir de la marge.


Ton permis élève pour la remorque, tu l’as prolongé minimum 1x (ou alors tu as passé l’examen à 2 jours de la fin).


En voyant la législation compliquée et bien souvent illogique qui entoure le fait d’avoir des chevaux dans ton terrain sans fin, à toi qui n’est pas agriculteur/trice, tu finis par renoncer d’avoir tes loulous chez toi et tu galères à trouver la pension de tes rêves car de toute façon, tu aurais pas fait ça comme ça chez toi.


Tu regardes SF2 (prononcé éss-éff-zweuï) pour les grandes épreuves hippiques malgré le commentateur qui crache du bon allemand (toujours le même depuis bien 15 ans au passage) tout ça car la RTS ne la diffuse pas.


Tu aimes bien participer de temps à autre à un rallye avec ton cheval et tu sais très bien qu’il ne s’agit pas d’une course de voiture. Et à peine passé le röschtigraben, voilà qu’on appelle ces épreuves des Patrouillenritt.

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Mon cheval est un monstre

EDIT : au vu de certains commentaires que j’ai pu recevoir, je souhaite préciser que certaines expressions qui vont suivre dans ce texte comme notamment « faire son cheval en steak » sont à prendre au 2, 3, voir 9ème degré ! A aucun moment un cavalier ne souhaite la disparition de son animal, aussi infecte la situation puisse-t-elle être. Donc merci à tous de faire preuve de 2ème degré comme vous le faites généralement pour mes autres articles 😉

J’entends déjà venir les fervents défenseurs amoureux de ma jument : « Mais non, elle est trop chouuuue Lola !!! Et puis elle a peur de rien, c’est trop bien ! Jamais un écart », blablabla…

Avez-vous jamais pensé que ma jument puisse être une teigne au caractère difficile ? Qu’à la maison, lors de notre quotidien, nombreuses sont les fois où je souhaiterais en faire du steak ? (ou de la chinoise quand je me sens d’humeur à inviter des gens).

Ce qu’on voit en compétition ou ce que les gens acceptent de vous montrer, surtout sur internet, ce n’est souvent que la pointe rose à paillettes de l’iceberg qui représente la relation homme/cheval. Mais il est temps de tomber le rideau. Lire plus

La graisse à sabot, une fausse bonne idée

DSC_0013Lorsque j’étais plus jeune, j’ai appris qu’il était nécessaire de graisser régulièrement (min. 1x par semaine) les pieds de nos chers compagnons. Des graisses à sabot, il en existe sous tous les formats, toutes les couleurs, tous les arômes (tous les goûts).

La réalité est un peu autre que ce qu’on m’a enseigné. L’hydratation d’un pied  (qu’il soit ferré ou non), se fait avec de l’eau et non de la graisse, ni de l’huile.

En fait, la graisse va former une fine pellicule sur la surface du sabot, rendant ce dernier imperméable à tout échange aqueux avec son environnement. C’est comme mettre une crème grasse sur notre peau : on se retrouve juste avec la peau grasse pendant des heures mais pas de réelle hydratation. Cette dernière se fait uniquement avec de l’eau par Lire plus

Notre fabuleuse histoire : cheval de thérapie

Logo-Cavalcade.pngCet article est écrit dans le cadre de la 42ème cavalcade des Blogs, lancée par Aurélie du blog A dada mon Dadou et dont le thème est « Votre fabuleuse histoire ».

Pour cette édition, Aurélie m’a contacté en privé. J’avoue avoir décliné dans un premier temps car je peine à écrire sur un thème donné (si si, presque tous mes textes sont écrits spontanément en quelques minutes, même ceux où j’inclus des références). Ce thème d’une fabuleuse histoire m’a fait cogité. J’ai fini par trouver sur quoi écrire, mais encore fallait-il trouver les mots.

Donc finalement, voici notre fabuleuse histoire du moment :

En 2016, on me propose de prendre Lola pour faire de la thérapie avec les gens en situation de handicap du foyer de mon village. J’accepte, convaincue que cela pourrait être une merveilleuse expérience. Hélas, cela ne se fera pas. En effet, la thérapeute et Lola ont quelques difficultés pour s’entendre, laissant la thérapeute supposer que Lola n’a pas la maturité nécessaire pour s’adapter à différents cavaliers. A cette époque, Lola était déjà régulièrement montée par des enfants malgré ses 4.5 printemps. La sécurité avant tout, je n’insiste pas mais reste déçue de ne pas pouvoir nous lancer dans une aventure si pleine de sens à mes yeux.

 

Automne 2017, une amie cherche un cheval pour faire de la thérapie avec une résidente adulte du foyer où elle travaille. Le but serait de passer du temps avec l’animal en le brossant et en le caressant. Je lui écris pour lui dire que si elle souhaite tenter l’expérience, Lola est à sa disposition. On doit se redire.

Début décembre 2017, nous fixons une première date pour une séance test. Je suis tendue. Je fais confiance à Lola, l’ayant toujours connue exemplaire avec les enfants, mais reste que je ne connais pas la résidente ni ses réactions et je ne sais pas si Lola sera aussi brave avec une adulte. J’ai peur de ne pas être capable de gérer la situation et je sais que si je perds les pédales, Lola les perdra aussi. Je n’ai pas la boule au ventre, mais j’appréhende beaucoup. Je vais lire ici et là des choses sur la pathologie de la résidente mais je réalise rapidement qu’internet ne va pas m’aider au vu du fouillis total d’informations qui s’y trouve. Je me renseignerai auprès de mon amie suite aux séances.

Le jour J arrive. Nous faisons connaissances de manière très naturelle et je me détends immédiatement. Allez savoir pourquoi j’ai diabolisé la situation en l’appréhendant de la sorte. Le manque de connaissance et la peur de la différence sûrement. J’explique à la thérapeute et à la résidente comment nettoyer un cheval, les brosses à utiliser ainsi que 2-3 détails sur le comportement et l’histoire du cheval. Je m’attarde bien-entendu 2 secondes sur le fait que « non, Lola n’est pas ferrée ». Je me détends, je prends du recul et j’observe mon petite poney black and white. Lola tourne souvent la tête pour regarder ces 2 débutantes s’affairer autour d’elle, comme elle le faisait avec les enfants. Elle observe particulièrement la résidente. Je pense qu’elle sent qu’elle est différente d’une certaine manière. Ses pieds sont ancrés au sol, elle ne bougera pas si ces dames sont autour même si je la pousse, elle attend d’être certaine d’avoir la place. Aucune réaction brusque ni soudaine. Lola se laisse également caresser et brosser au niveau de la tête. Elle qui parfois fait sa sale gamine (mais je m’en fiche d’être propre de la tête !) reste calme, douce, les yeux mi-clos. La séance se passe à merveille.

 

Nous enchainons à raison d’environ 1 séance par semaine, voire tous les 10 jours. Ces séances me demandent une énergie mentale folle même si elles ne durent en général que 30 minutes. Je reste responsable que tout se passe bien et je suis constamment aux aguets mais Lola est exemplaire et après chaque séance je ne peux m’empêcher de me dire qu’il faudrait que je lui accorde la confiance qu’elle mérite largement. Elle se rue un peu trop fortement sur les carottes/pommes que la résidente lui amène, mais pour le reste, elle ne bouge pas une oreille et souvent, somnole entre 2 regards pour situer ces dames. La dernière fois, elle a même montré à la résidente où la gratouiller (base de la queue qu’elle met de côté en signe qu’elle aimerait bien une gratouille). Ainsi en quelques séances j’ai pu observer non seulement que la résidente se sentait de plus en plus à l’aise avec Lola, allant plus franchement vers elle, apprenant petit à petit à curer les pieds, mais j’ai également vu ma jument décider de lui faire confiance et se détendre. Elle ne bouge pas, reste les pieds figés au sol mais elle regarde moins où sont ces inconnues, elle profite de se faire cajoler, les yeux mi-clos, les oreilles pendantes.

Contrairement à ce que l’on pense des animaux, ce n’est pas « logique » pour un cheval d’accorder sa confiance et d’être aussi calme avec une personne si différente. Le cheval sent des choses qui vont au delà de la perception humaine et de notre compréhension. Lors d’une petite promenade dans la stabulation, j’ai remarqué des réactions très différentes d’un cheval à l’autre, passant de l’ignorance, la curiosité à l’aggressivité. En effet, la jument dont nous savons qu’elle a quelques soucis à gérer ses propres émotions n’a pas su comment réagir face à la vague d’émotions et de différence que dégageait la résidente et y a réagi en couchant les oreilles et en montrant les dents. Réaction très franche et à laquelle, je dois l’avouer, je ne m’y attendais pas, pensant que tous les animaux étaient gentils et doux avec les gens différents. Il est bien clair que pour accepter cela, il faut d’abord être bien dans sa tête. Lola, quant à elle, a présenté dès le début une curiosité polie. Tu m’intrigues, mais d’abord faisons connaissances.

A la base, cette expérience devait être une thérapie pour la résidente, mais au final, je crois bien que la thérapie va dans les deux sens et se transforme en séance de développement personnel pour nous trois. C’est une histoire d’apprentissage, de découverte de l’autre.

Il nous faut réapprendre à nous apprivoiser

 

C’est notre fabuleuse histoire….

Economie et sensibilité du pied nu

Avoir un cheval pied nu n’est pas tous les jours facile. Pour ma part, j’ai de la chance, après 2 ans de pied nu, Lola est définitivement un 4×4 et de mon côté j’ai pris suffisamment de bouteille niveau parage pour savoir ce qui lui convient et ce que je dois éviter, mais surtout, je sais reconnaitre ses réactions !

Il arrive que sur certains chemins, elle refuse de galoper ou marche bizarrement. Alors que les regards extérieurs y voient de la sensibilité et donc de la douleur, il en est bien souvent tout autre pour les chevaux pieds nus habitués et parés correctement.

Le pied nu offre aux chevaux une perception des sols qui est complète et bien différente. du pied ferré. Le pied nu, de par sa souplesse naturelle, offre un amorti et une stabilité bien supérieurs à ce que peut offrir n’importe quelle structure métallique apposée sous le pied, mais cela implique également une lecture du sol et donc un évitement des zones délicates.

Concrètement, les pieds du cheval servent à son interaction avec l’environnement. Les pieds sont formés d’une enveloppe de kératine pour protéger les structures internes où se trouvent également des récepteurs sensitifs qui lui permettent d’analyser la surface du sol. Ces récepteurs permettent au corps du cheval de déclencher les réflexes neuromusculaires du mouvement. Ces récepteurs sont des thermorécepteurs (température), des nocirécepteurs (douleur) ainsi que des mécanorécepteurs (mouvement mécanique) (Floyd & Mansmann, 2007). Ainsi, le pied du cheval n’est pas juste une grosse boite rigide, il s’agit d’un organe vivant et sensible capable d’analyser ce qui l’entoure et d’y répondre spontanément.

Cette sensibilité naturelle permet au cheval de choisir ses chemins mais surtout de s’économiser ! Ainsi, un cheval qui refuse de galoper lorsque le terrain devient un peu délicat ne le fera pas forcément car il a mal, mais tout simplement car, comme un coureur qui modifie sa foulée selon le sol, il s’économise et souhaite éviter les blessures. Le cheval est donc tout à fait capable d’adapter son allure au terrain de son propre chef. Lire plus

#fierdetreunchevalpoubelle

Hello les namis, c’est l’écolo de service qui vient vous donner mauvaise conscience ! Je vous ai manqué ?#fierdetreunchevalpoubelle

Il y a quelques semaines, deux photos ont été prises d’un cheval de trait en ville de Lausanne. Son travail ? Accompagner des éboueurs dans leur tâche quotidienne d’entretien de la ville. Son titre ? Cheval urbain. L’idée ne date pas d’hier.

Bien que je ne doute pas du succès que le cheval a pu rencontrer dans la ville, son succès sur face de bouc a été entaché par des gens d’un magazine animalier qui n’avaient pas compris le principe et qui forcément ont crié au scandale sans même savoir de quoi il s’agit vraiment. Le cheval a été associé à un cheval poubelle, donc un cheval qu’on traiterait comme une M en lui lançant nos déchets dessus. Quel raccourci…. Bref, les idées proposées plus saugrenues les unes que les autres prêtent à sourire devant tant de bêtise. Et le pire dans tout ça, c’est que je pense que le fait que le cheval doive marcher sous la pluie soit encore ce qui a le plus choqué les rageux.

 

 

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Pad de monte à cru fait maison

Qu’ils sont beaux ces pads de monte à cru, avec le mouton qui semble douillet, leur siège qui te donne l’impression que tu tiendras mieux à cheval…. Ah mais que c’est beau de rêver.

 

 

Rêver oui car ils ne sont clairement pas donnés ! Etant étudiante et fauchée comme les blés par définition, j’ai décidé Lire plus

Impression-pad : 2ème round

Bon, après des mois, voire des années de retard, j’ai réitéré l’essai de l’impression-pad. Pour rappel, il s’agit d’un tapis de selle fait à base de pâte à sel qui a pour but de montrer les points de pression d’une selle. Mon 1er essai n’avait pas du tout été concluant.

Après avoir fait la pâte puis mise tant bien que mal dans des sacs plastiques, je m’en suis  allée gaiement à l’écurie pour tester non seulement ma fabrication, mais également une selle que j’ai en prêt. Déplacer le pad jusqu’à l’écurie tout en le gardant beau plat et régulier, voilà une odyssée qui mériterait son propre article, mais là n’est pas le sujet.

 

 

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Estomac du cheval : il vaut mieux que la bouteille soit remplie d’eau

Il y a peu, j’ai eu la grande chance de pouvoir participer à un petit stage sur le bien-être alimentaire équin donné par Sabrina Peyrille (https://www.sabrina-peyrille-seve.com/) une ingénieur en alimentation équine.

Le cours était très intéressant et m’a fait comprendre beaucoup de choses concernant certains chevaux que je côtoie ou que j’ai pu côtoyer.

Dans cet article, je souhaiterais juste reprendre une partie du cours avec l’exemple utilisé car je trouvais que c’était très parlant et très intéressant, il s’agit de l’estomac et de son contenu.

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Mes sponsors

Depuis quand elle a des sponsors celle-là ? En tout cas c’est sûrement pas une marque de shampoing, il est jamais propre son poney….

Je vous rassure (ou déçois, je ne sais pas), je n’ai pas de grande marque qui me suit ou autre. J’ai bien mieux en réalité.

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