Equit’action – gérer son cheval dans le feu de l’action

Ce week-end, j’ai pu participer à la première partie d’un stage d’action donné par William Chatel en Valais. J’avais vu quelques photos de l’année dernière et je m’étais dit que dans le genre désensibilisation de l’extrême, ça devrait réussir à faire sourciller Lola.


Le matin, nous commençons par des petits obstacles style gymkhana histoire de concentrer les chevaux sur nous et les faire réfléchir un peu. Ponts divers, rideaux, machine à bulle… de quoi occuper le cerveau des poneys. Ensuite, nous attaquons une forme de désensibilisation bien utile au quotidien : ne pas bouger si un objet nous arrive dessus. William lance donc au hasard de petites balles de jonglage en direction des chevaux. Lola apprécie moyennement mais ne bronche pas. Gentil poney.

Nous terminons la matinée par un début de tir à l’arc à pied. C’est un exercice intéressant et pas facile du tout pour moi. Je me détruis le bras au passage. Sincèrement, j’ai adoré ! Ca demande de la concentration dans l’action, apprendre à ne pas se précipiter. Un excellent exercice !

L’après-midi, nous travaillons avec une bâche géante : immobile au sol, en mouvement, en emballage de poney cadeau, en tunnel. La bâche, c’est clairement acquis ! Là aussi, cela demande de la confiance. On va au delà du simple passage de bâche qu’on a tous entrainé au moins 1x avec nos chevaux. Et on enchaine avec les drapeaux !

La désensibilisation ne doit pas seulement être visuelle. On cherche toujours à désensibiliser nos chevaux à de grandes choses colorées. Là on a poussé à l’auditif : tirer des balles à blanc avec un pistolet.

Lors de cet exercice, j’ai clairement remarqué que les armes à feu ne me laissent pas un bon feeling. Lola, bien que n’ayant pas aimé la détonation, n’a presque pas bougé. Une vraie perle !

Pour finir l’après-midi, nous préparons les chevaux à l’exercice de nuit qui suivra quelques heures plus tard : la découverte du feu. Lola est fidèle à elle-même, elle s’en fiche.

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Arrive enfin la nuit ! Nous préparons les chevaux et allons à la découverte de ce joli truc orangé qui danse. Les flammes sont impressionnantes la nuit et je dois faire un gros effort pour contenir ma peur de prendre feu. Passage entre un couloir de feu, passage d’une porte de feu et passage à travers les flammes. Tous les chevaux s’exécutent sans hésitation !

Ce stage apporte beaucoup de nouvelles choses qu’on ne peut exercer seul, ou seulement difficilement. Il demande de la concentration tant au cavalier qu’au cheval. La prise de risque est vraiment minime et pourtant, cela suffit à ce que le coeur s’emballe un peu au moment d’appuyer sur la détente ou de traverser un mur de feu… Mais pour ma part, je n’ai aucun soucis à me faire car

Le poney black and white ne craint rien…

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Vouloir avoir un cheval propre à tout prix, comme nos habitudes sont en réalité excessives

44997125_2158737684392323_79873214745935872_n(1).jpgVotre cheval sort tous les jours, voire vit en extérieur ? Vous l’avez donc sûrement déjà retrouvé couvert de boue  de la tête aux pieds (même dans les oreilles ! Et dire que nous on ose parfois même pas y toucher…) et, après avoir longuement soupiré et pensé « tu te fous de moi ? », vous vous êtes mis à brosser jusqu’à obtenir un cheval à nouveau rutilant (ou du moins, jusqu’à ce que plus rien ne colle nul part).

On le fait tous. (Ou alors on abdique car c’est encore mouillé et on rentre chez nous au chaud).

Petite leçon de pilosité équine :

1ère leçon – la photopériode

Ce mot barbare désigne la durée de lumière du jour. Cette durée est à son maximum le 21 juin (solstice d’été) et à son minimum le 21 décembre (solstice d’hiver). Entre ces deux dates, on dit communément que les jours se rallongent ou qu’ils se raccourcissent.

Le métabolisme équin se base sur la photopériode pour démarrer la pousse du poil ou, au contraire, s’en débarrasser. En général, on estime que le poil d’hiver d’un cheval commence déjà à pousser à la mi/fin août.

2ème leçon – la température

On sait tous qu’en couvrant un cheval suffisamment tôt, il produira un poil d’hiver moins long et moins fluffy que si on laisse arriver les véritables températures hivernales. En effet, la température est également un signal indiquant si le poil doit pousser ou non.

3ème leçon – rester au chaud

Une fois que le poil d’hiver a grandi, il va permettre de garder la chaleur corporelle en « emprisonnant » l’air entre les poils et en gardant ainsi cet air proche de la peau afin de créer une couche isolante, un peu comme une tenue de plongée en néoprène. Moins le poil est long, plus la perte de chaleur est importante, nécessitant d’être compensée par une production de chaleur corporelle équivalente à la perte. Cette production nécessitera de l’énergie de la part du cheval, énergie qui devra être rechargée par une augmentation de la prise alimentaire. Les fourrages comme le foin et la paille sont les aliments idéaux en hiver car lors de leur digestion, une chaleur naturelle est dégagée, permettant ainsi d’aider le cheval à se réchauffer.

10983178_1775852852639803_2881442366270288218_nVoilà, en gros, comment votre cheval fait pour ne pas se les peler en hiver vu de l’extérieur. Vu de l’intérieur, on note également une réduction générale du métabolisme ainsi que des changements notamment dans la vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques (proche de l’air froid), redirigeant le sang vers l’ intérieur, permettant ainsi de rendre la peau moins sensible au froid et ainsi plus isolante. Cette même peau présente chez de nombreux chevaux une pellicule fine et grasse à même sa surface. Vous avez sûrement déjà eu l’impression que votre cheval semble poisseux en voyant ou en touchant cette pellicule grasse. Cette pellicule joue également un rôle isolant.

Revenons donc à nos moutons, niveau pansage. Le cheval est tartiné de boue de la tête aux pieds, boue séchée, on souhaite l’en débarrasser et on sort notre fidèle alliée, l’étrille et on y va de bon cœur. En débarrassant le cheval de sa boue séchée, on va également enlever des poils morts libérant ainsi de l’air « chaud » qui était emprisonnée et, toujours sans le vouloir, aussi une partie de la pellicule graisseuse, à laquelle la boue s’est fixée, qui isole tellement bien. En enlevant tout cela, on prive partiellement le cheval d’une de ses protections anti-« cramine du diable ».

Et maintenant, c’est quoi le message ? On arrête de brosser nos chevaux de la mi-août à la fin avril ?

15940443_1816117918654303_141382702850865622_n.jpgJe vous rassure, on en demande pas tant. Toutefois, il convient de brosser en connaissance de cause en enfonçant peut-être un peu moins l’étrille, en prenant un bouchon dur à la place qui ira moins facilement au contact de la peau, ou tout simplement en laissant de temps à autre son cheval crado si on a pas prévu de le monter.

Maintenant, il doit bien y avoir un avantage à panser son cheval en hiver ?

Alors oui, il y a quand même un gros avantage : un pansage complet permet de repérer les soucis de peau éventuels, notamment liés à l’humidité augmentée, qui peuvent apparaître en hiver comme la galle de boue par exemple. Et il y a également le contact privilégié avec l’animal qui permet de renforcer le lien qu’on a avec lui.

En résumé : veillez à trouver le juste milieu entre « mon cheval c’est le tas de boue là-bas » et le cheval qui brille encore davantage que la cuisine après le passage de la femme de ménage. En gros, faire preuve de bon sens !

 

Références :

https://www.canr.msu.edu/news/equine_winter_hair_coats_101

https://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/comportement-ethologie-bien-etre/cheval-et-vie-domestique/comment-les-chevaux-s-adaptent-ils-au-froid.html#c51520

Stachurska et al. (2015) : Changes of coat cover in primitive horses living on a reserve. Journal of animal Science, 93/3, p. 1411 – 1417

Schrammel et al. (2016) : A long-day light program accelerates seasonal coat changes but is whitout effect on semen and metabolic parameters in shetland pony stallions. Theriogenology, 85/5, p. 946 – 954

Brinkmann et al. (2012) : Adaptation strategies to seasonal changes in environmental conditions of a domesticated horse breed, the shetland pony (Equus ferus caballus). Journal of experimental biology, 215, p. 1061 – 1068

 

Sabots clairs VS sabots foncés

Certains mythes ont la vie dure, notamment celui qui dit que les sabots clairs sont plus sensibles que les sabots foncés.

sabot.jpgDans une écurie où nous étions lorsque le poney était encore petit (plus petit que maintenant donc…), on m’a très clairement fait comprendre qu’il me serait impossible de garder ma jument pieds nus car elle a les 4 pieds blancs. A l’époque, mon maréchal m’avait confirmé que cela n’était qu’un mythe mais que beaucoup de gens y croient encore et même que certains regardent sur ça lors de l’achat de leur compagnon.

Mais qu’est-ce qui fait qu’un pied sera clair ou foncé et pourquoi l’un serait plus délicat que l’autre ?

Les structures internes du sabot du cheval sont protégées par ce que nous appelons la boite cornée qui se présente sous la forme de 3 couches superposées. La boite cornée est composée de tissu cornéen, lui-même composé de fibres de kératine. Ceci, peu importe la couleur du sabot. Vient ensuite seulement la couleur qui résulte de la pigmentation de cette boite cornée. Les différences de pigmentation dans le sabot du cheval résulte de la quantité de pigmentation présente dans les 2/3 extérieurs de la boite cornée (fig 1).

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Fig 1 : pied foncé (haut) vs pied clair (bas)

 

Cette pigmentation diffère selon la pigmentation de la peau du cheval juste au dessus du sabot. Une peau claire aura tendance à mener à un sabot clair alors qu’une peau sombre apportera un sabot foncé. Le pigment qui influence la couleur plus ou moins foncée s’appelle la mélanine. Il existe des gènes qui affectent la mélanine et définissent ainsi la robe d’un cheval. Pour en comprendre davantage sur la génétique des robes, je vous invite à lire les articles du blog « La Crinière blonde » : la génétique des robes équine pour les nuls partie 1 et partie 2

Au final, ce qui influence réellement la sensibilité du pied, c’est la forme de ce dernier et la qualité de la couche moyenne de la boite cornée. Cette couche moyenne peut être influencée par la génétique du cheval mais aussi par son « hygiène de vie » (alimentation, détention, travail). La couleur du sabot, elle, n’est que la suite logique de la robe du cheval et les différences de qualité de pied liées à cette couleur tiennent du mythe.

Ce qui peut faire penser que le pied clair est plus sensible et difficile à entretenir c’est le fait qu’on y voit très bien les hématomes liés aux pressions sur la paroi en raison d’un mauvais parage/ferrage mais également les chocs, les blessures, etc… Ainsi, un pied clair qui présente régulièrement des traces rouges/bleutés peut effectivement faire un peu peur. Mais plutôt que de vouloir camoufler ce genre de marques, il convient d’apprendre à les connaitre et ainsi à reconnaitre les erreurs de soin de manière à pouvoir les éviter par la suite. Au final, le pied blanc n’est pas l’ennemi du cavalier mais plutôt son alié pour observer la santé de son cheval.

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Références :

https://www.americanfarriers.com/blogs/1-from-the-desk-of-afj/post/5069-forget-about-hoof-color

https://ker.com/equinews/the-horses-hoof/

https://www.horsejournals.com/genetics-horse-colours-and-feeding-healthy-coat

 

Mash occasionnel, la fausse bonne idée mais pourquoi on le fait quand même

Je vous ai déjà perdus au titre, n’est-ce pas ?

Le mash… ça sent bon, c’est chaud. En fait, de notre point de vue humain, c’est un peu comme la bonne soupe aux choux de mémé en hiver, on en redemande !

Le mash a tendance à être donné occasionnellement soit après un effort ou à hauteur de 1-2x/sem en hiver car, oui, c’est vrai, petit poney aime bien et comme on a l’impression qu’il a peut-être froid, on aime bien l’idée de lui donner quelque chose de chaud. Sauf que petit poney a beau aimé car ça a bon goût, son système digestif lui, va tirer la gueule.

Le système digestif du cheval est malheureusement d’un rigidité incroyable. C’est une bête d’habitude. La microflore qui se développe dans le système est adaptée à ce que le cheval reçoit quotidiennement. Celle-ci, bien que composée principalement de bactéries à la durée de génération courte, est donc spécialisée pour digérer puis assimiler certains éléments nutritifs, soit ceux que notre cheval mange tous les jours : son foin, son pré, son grain…

On retrouve cinq genre de micro-organismes dans le microbiote digestif du cheval :

  • Les bactéries cellulolytiques : digestion de la fibre
  • Les bactéries protéolytiques : lyse des protéines
  • Les bactéries produisant de l’acide lactique : digestion de l’amidon
  • Les protozoaires : production d’acides gras volatiles
  • Levures : lyse de la fibre

Et également d’autres bactéries responsables pour la production de Vitamine B notamment.

L’équilibre du nombre de bactéries définira la santé de l’animal, le but étant de garder le nombre de bactéries cellulolytiques élevé et le nombre de bactéries produisant de l’acide lactique bas. Les bactéries cellulolytiques produisent également des acides gras volatiles, rendant ainsi l’environnement néfaste pour des bactéries pathogéniques telles que E.Coli ou les salmonelles. Cet équilibre est sensible et dépendant de l’alimentation habituelle du cheval.

Dans le cas où un aliment non habituel venait à entrer dans le système, celui-ci ne posséderait pas les outils nécessaires pour en profiter pleinement. Pour qu’un changement de flore opère, il faut qu’une habitude se crée. Ainsi, le mash qu’on donne occasionnellement ne peut être parfaitement assimilé par l’organisme et, dans le pire des cas, peut même stresser ce dernier causant davantage de tord que de bien.

Pourquoi on continue d’en faire ? Justement, car poney aime bien et tout comme avec les récompenses, on aime faire plaisir à poney. Autre exemple « malsain » : ne jamais donner de carottes et tout à coup en donner 1 kg. Là aussi, le système digestif sera surmené.

Comment faire pour bien faire ? Si l’envie irrésistible d’offrir un repas chaud à votre compagnon se manifeste, prenez simplement une petite portion de sa ration habituelle et faites la tremper dans l’eau chaude ou alors, si vous y tenez, prenez un Mash dont la composition ne diffère que très très peu de son alimentation habituelle. Ainsi l’organisme ne sera pas dépaysé et poney pourra en profiter pleinement.

Références :

https://ker.com/equinews/balancing-microbes-horses-digestive-tract/

Cours « alimentation et bien-être équin » de Sabrina Peyrille

Clauss, Marcus (2013). Digestive physiology and feeding behaviour of equids – a comparative approach. In: Horse Health Nutrition – European Equine Health Nutrition Congress, Gent, Belgium, 1 March 2013 – 2 March 2013, 25-33

Des écorces d’arbre pour nos chevaux

Pour ceux dont les chevaux vivent dans un environnement proche de leurs besoins naturels, vous aurez peut-être remarqué qu’en fonction des saisons, les chevaux ne sont pas attirés par les mêmes fourrages.

2019-02-04 16.56.49Dans le groupe du poney black and white, les 3 plus jeunes (7, 5 et 5 ans) se sont mis à manger l’écorce des branches tombées de l’arbre des voisins. Ils passent un temps fou à décortiquer précautionneusement les branches pour les laisser à nu (par -9°, c’est pas franchement sympa de la part des cocos).

Je me suis donc intéressée au pourquoi du comment. Ma connaissance des arbres étant très limitée (je reconnais le saule pleureur et le bouleau. fin), je me suis donc renseignée sur les généralités.

Dans un premier temps, il me semble logique que si les chevaux s’y intéressent maintenant alors que les sols sont recouverts de bien 20 cm de neige, l’écorce doit donc remplacer un élément qui se trouve soit dans la terre, soit dans l’herbe (à savoir qu’en haute saison, un pré peut contenir jusqu’à 80 espèces de végétaux !). Un exemple : lorsqu’ils en ressentent le besoin, les animaux sauvages mangent de l’écorce de saules car celle-ci contient de l’acide acétylsalicylique (aspirine). Ainsi donc, les 3 jeunes chevaux se sentent attirés par ce qui leur manque à cause de la vilaine neige. Voilà pour la partie « nutrition ». A ce stade, j’invite les propriétaires qui voient ce comportement à ne pas tout de suite paniquer car poney d’amour souffrirait d’une carence ou autre. Il est normal pour un organisme d’aller chercher ce qu’il lui faut par instinct ! Dans le cas de nos chevaux, ils reçoivent du foin à volonté et des compléments minéraux et disposent d’une pierre à sel. Eté comme hiver ! De ce fait, la carence dramatique (et le proprio dramaturge qui va avec) n’est pas forcément la première idée qui doit nous traverser l’esprit. C’est là qu’apparait la notion de « petit bonheur du quotidien ».

Il faut savoir que la satiété ressentie par un cheval est en partie liée aux coups de mâchoire. Un fourrage plus gros, comme des écorces par exemple, nécessitera davantage de coups de mâchoire pour pouvoir ensuite être mangé. Qui dit davantage de coups de mâchoire, dit davantage de temps nécessaire. On part donc du principe qu’un cheval occupé à mâcher  est un cheval heureux. En plus de cela, très souvent les chevaux se contentent de mastiquer l’écorce sans réellement la manger au final… (qui sera le premier à crier au food wasting ?)

Ensuite, tout comme nous, les chevaux sont sensibles aux bruits. Il semblerait donc que certains chevaux apprécient tout bêtement le bruit du craquement du bois (un peu comme nous quand on écoute le feu de cheminée).

Ainsi donc, les écorces que nos chevaux décortiquent en ces jours de belle neige peuvent non seulement avoir une valeur nutritive intéressante pour leur organisme mais également représenter un stimulation de divers sens, rendant ainsi leur vie de poney un peu plus palpitante (mais quand même pas autant que la poule du voisin qui les regarde de travers).

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A cheval contre le cancer – Zoé4life : 3ème randonnée

Voilà ! C’est officiel : nous avons atteint notre objectif sportif fixé pour Zoé4life ! Mais l’aventure ne s’arrêtera sûrement pas là… Quoiqu’il en soit, voici un petit bilan de notre 3ème randonnée (et sûrement pas la dernière) dans le cadre de notre action « A cheval contre le cancer – Zoé4life ».

Samedi matin, départ de Carrouge. La météo est fraiche et nous apprécions le fait d’avoir embarqué une petite laine et une veste d’automne. Notre départ est marqué par Lola qui décide de se laisser tomber sur les genoux dans une descente. Elle se relève et repart d’un bon pas comme elle en a l’habitude. Seul blessé dans l’histoire : un pouce.

La promenade continue avec une deuxième embûche : un pont en métal bien haut qui sera infranchissable à cheval. Nous devons prendre un détour par la route. Ce pont marque le début de notre malédiction des ponts.

Pour la pause de midi, nous tombons sur une jolie place dans la forêt où un vieux monsieur laisse une chaise pour y déposer son cor des alpes lorsqu’il vient en jouer.

En début d’après-midi c’est l’équipe de DB Farm qui nous accueille chaleureusement ! Tellement chaleureusement que nous restons plusieurs heures sur place, mais la pluie étant de mise, personne ne s’en plaint. Merci beaucoup Delphine et Bertrand pour l’accueil !

Après nous être remises en route, une amie nous rejoint près de Pont (Veveyse) pour nous apporter quelques douceurs et des pommes aux juments. Merci Joanne !

Autour des 18h30, et après 23.5 km, nous arrivons à Maracon dans la ferme de Maude, thérapeute de Ther’animal, et sa famille. La nuit sera reposante et agréable pour tout le monde ! Un immense merci pour l’accueil !

Dimanche matin, 9h, c’est reparti ! Le retour se fait plus rapidement avec juste un détour imprévu au Haras du Devin pour faire une petite pause. Là aussi, un grand merci ! Nous continuons notre chemin sous un temps parfait pour une rando ! Ciel bleu, un temps frais, pas d’insectes !

Notre malédiction des ponts scabreux persiste mais heureusement, pour la plupart, nous pouvons passer à côté. Aux ponts s’ajoutent également des escaliers, histoire de mettre nos entrainements d’extrem trail à l’épreuve.

C’est autour des 16h que nous arrivons de retour à Carrouge après 23 km. Un immense merci à toutes les personnes qui nous ont accueillies ce week-end, rejoint sur le parcours, soutenu virtuellement mais surtout qui ont soutenu l’association Zoe4life par le biais de dons ou en soutenant notre action !

MERCI DE TOUT COEUR

L’aventure continuera…

#Zoé4life #solidarité #bonheur #cancer #enfant #combat #tousensemble

 

A cheval contre le cancer – Zoé4life : 2ème randonnée

Voilà voilà, l’heure du bilan de cette deuxième aventure a sonné !

L’étape de ce week-end avait lieu dans le canton de Fribourg où nous devions faire Guin-Ecuvillens. Un trajet estimé à plus de 50 km, la plus grosse de nos étapes d’après nos calculs.

Nous sommes parties samedi matin sous une légère bruine avec un paquetage plus important que la dernière fois en raison de la météo. Autre surplus dans nos sacoches : les boots de nos juments. En effet, nous voulons faire cette étape en pieds nus complets.

Départ donc samedi matin à 9h30 pour rejoindre plusieurs amis sur le tracé à différents endroits. Le tout avec un retard magistral à chaque fois (Désolées les namis ^^). Pas facile d’estimer la distance quand on ne la calcule pas précisément avant. Mais nous avons de la chance d’avoir des amis en or qui sont patients et surtout solidaires et toujours prêts à nous aider dans notre aventure ! Merci

Après un petit arrêt à Hauterive dans la rivière où nous avons compris la véritable raison de nos habits de rechange (comprendre que Lola joue au sous-marin et Tamae à l’arrosoir), nous nous dirigeons vers Ecuvillens où nous avons été généreusement hébergées par Work Horse Mumu et sa petite famille après 27 km de trajet en 8h.

Dimanche matin, 9h30 nous nous remettons en route. Pas d’arrêt particulier de prévu si ce n’est le repas de midi. Le trajet nous semble long sans ces petits arrêts ici et là et la fatigue se fait sentir. La pause de midi est salvatrice pour nous quatre !

C’est aux alentours de 16h30 que nous arriverons finalement au bout de notre journée après 28 km au compteur en 7h de temps.

Les chemins ont été plus difficiles que prévu car en grande majorité composés de grosse caillasse mais comme toujours, nous avons pu compter sur l’efficacité et la volonté de nos juments pour nous mener au bout de cette aventure (et sur Lola en particulier pour nous trainer/épuiser jusqu’au bout avec son mode trottinette).

Comme la dernière fois, nous retenons de cette aventure la solidarité et la générosité dont les gens font preuve ! C’est ça l’âme de Zoe4life et le message qui doit passer !

Ensemble, nous pouvons faire la différence !

#Zoé4life #Solidarité #Générosité #Luttecontrelecancer #Achevalcontrelecancer #ensemble #Quedubonheur #Défisportif

A cheval contre le cancer – Zoé4life : 1ère randonnée

Voilà, nous avons donc fait notre première randonnée dans le cadre de notre action « A cheval contre le cancer -Zoé4life » que nous faisons avec Cécile et sa jument Tamae.

Cette 1ère randonnée a été une expérience équestre inoubliable ! Il s’agissait de ma première randonnée en semi-autonomie et j’ai pu vivre cette expérience grâce à ma fidèle Lolette qui a juste été exceptionnelle !

Ces derniers mois, à la maison, j’ai vécu le poney black and white dans toute sa splendeur : tantôt ange, tantôt démon, c’était noir ou blanc, mais surtout pas de nuance de gris.

En partant du contexte de ces derniers mois, j’appréhendais un peu le fait de me retrouver avec le côté démon de Lola durant tout un week-end (déjà que 2h de balade c’est l’enfer, imaginez 50 km… 50 km à dos de Lola, ça useuh, ça useuh).

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Dès le chargement à l’écurie, je trouve que ma jument est drôlement calme, comme si elle sentait le coup fourré. A Carrouge, je peux la préparer sans problème, lui enfiler ses chaussons, mettre la selle et tout le bazar qu’on emmenait sans qu’elle ne bouge une oreille. Je décide de lui mettre son masque à mouche, outil immonde mais qui lui rend la vie tellement plus agréable (ainsi que la mienne !). Et ensuite, départ !

Lola marche très calmement, comme sur la retenue. J’ai l’impression de monter une vieille jument routinière qui sait qu’elle doit s’économiser. Je pense un instant que ce sont les boots qui malgré leur qualité diminuent un peu le sentiment que le pied a en foulant le sol et les informations qui lui parviennent. Quoi qu’il en soit, je savoure son calme.

Les heures défilent, on alterne entre monte et marche à pied. Lola continue de rester calme. Elle délire un peu dès qu’on se retrouve sur de l’herbe, mais ça, elle l’a toujours fait. On passe à travers tout type de décor : forêt, champs, gros villages. La diversité est là et le défi l’est également : pas tous les chevaux auraient accepter de passer là où nous allions, encore moins de se retrouver attacher sur le parking du Denner entre les voitures ! Mais Lola oui, elle est faite pour la randonnée.

2018-06-30 18.51.22La première journée se termine après 8h10 de trajet. Au moment de lui enlever les boots, je réalise que ces dernières ont appuyé sur les glômes. Rien de grave, c’est juste légèrement comprimé. Je regarderai le lendemain si Lola accepte que je les lui remette.

Dimanche, 9h30, départ. Nous ne savons pas vraiment la distance que nous allons parcourir. Les tracés ont été modifiés à la dernière minute jeudi avant notre départ afin de viser un maximum les zones ombragées et nous avons eu raison de le faire. La chaleur est pesante et chaque fontaine, zone d’ombre est la bienvenue. L’après-midi, en raison d’un soucis de passage (un vieux pont délabré impossible à passer avec les chevaux), nous devons faire un bout sur route. Arrivées ensuite en forêt, Lola s’arrête d’elle-même et souffle fort. Je descends et l’encourage à continuer. Nous marchons calmement et bientôt elle se remet en quête de la moindre touffe d’herbe à manger : pas de doute, elle va mieux ! De mon côté, je sens mon inflammation des tibias qui revient et je finis par remonter sur son dos pour le dernier bout. 2018-06-30 18.51.30

Nous arrivons à bon port en milieu d’après-midi, fatiguées. Je suis fière de ce que mon bout de poney a fait du haut de ses 6 ans mais surtout de son comportement qui a été irréprochable. Elle est passée partout, a su gérer raisonnablement ses peurs et son énergie, elle est restée calme à l’attache, un vrai régal.

De retour à la maison, c’est plusieurs jours de repos qui nous attendent. De mon côté, je m’attelle à trouver des boots qui iront parfaitement et à améliorer mon matériel de manière à ce qu’il soit plus pratique, plus agréable pour nous deux. De son côté, elle broute….

 

 

A cheval contre le cancer – Zoé4life

Le cancer ça ne touche pas que les autres…

Cette année, avec Cécile du blog « Les aventures de Tam Tam« , nous avons décidé de rallier notre passion à une bonne cause. C’est ainsi que nous avons décidé de relever un défi sportif aux couleurs de l’association romande Zoé4life qui oeuvre activement dans la lutte contre le cancer de l’enfant. Notre but ? Sortir de notre zone de confort en parcourant 150 km répartis sur 3 randonnées dans les cantons de Vaud et Fribourg afin de donner de l’écho aux voix des enfants malades qui luttent courageusement au quotidien ainsi qu’à leurs familles qui les soutiennent.

En quoi est-ce un défi sportif ? Parcourir 150 km en 3 randonnées implique donc une moyenne de 50 km par randonnée, soit environ 10h à cheval si tout va pour le mieux. Ces 50 km seront à chaque fois répartis sur 2 jours avec une nuitée chez des amis ou connaissances. Les chevaux, tout comme nous, devront être entrainés afin de pouvoir parcourir ces distances sans être trop fatigués ni en souffrir. Les chevaux porteront non seulement les cavalières (qui descendront régulièrement pour les soulager) mais également des sacoches remplis de matériel (trousse de secours, matériel de pansage, pijama licorne, brosse à dent à paillettes, etc…). En plus du côté sportif, il y aura également le côté organisationnel. Nous devons tout avoir sous la main en cas de pépin (ou de petite faim, tout simplement). Bien-sûr, nous n’allons pas non plus nous enfoncer dans une jungle tropicale, mais reste que nous voulons dans la mesure du possible pouvoir nous passer d’aide externe.

Le but de l’aventure est de pouvoir donner de la visibilité à ce combat contre la maladie qui est mené au quotidien par des centaines d’enfants et leurs familles, mais également de récolter des dons pour l’association Zoé4life qui lutte contre le cancer de l’enfant.  L’idée principale est que les gens puissent soutenir notre action en faisant don d’un montant fixe à l’association via un versement ou en nous le donnant afin que nous le transmettions. Les dons peuvent être faits à tout moment de l’aventure et même après que celle-ci se soit terminée pour nous. Chaque centime compte !

Ces dons vont servir à soutenir les 4 buts principaux de l’association qui sont :

  • Aider les familles dont un enfant souffre du cancer
  • Oeuvrer pour améliorer le quotidien de l’enfant en traitement
  • Sensibiliser le public au cancer de l’enfant et à la problématique liée au traitement
  • Soutenir la recherche

Les dons peuvent être faits sur le compte suivant :

CH32 8041 4000 0030 1943 8
Zoé4life
1036 Sullens

Mention : poneys

Notre aventure peut être suivie à tout moment sur notre page facebook :

A cheval contre le cancer – Zoé4life A cheval contre le cancer – Zoé4life

Un petit like sur la page c’est déjà une forme de soutien de la cause, donc n’hésitez pas !

Et n’hésitez pas non plus à télécharger notre brochure Flyer Zoé4life pour la distribuer autour de vous et faire connaitre l’association !

D’avance nous remercions toutes les personnes qui nous aideront/aident déjà à mettre en place ce projet ainsi que toutes les personnes qui soutiennent l’association que ce soit moralement ou financièrement !

Notre rêve ? Que les mots « enfants » et « cancer » ne soient plus associés.

Bien à vous

Cécile et Vanina

yup

Et si ça n’avait pas été facile ?

 » Il n’est pas rare de voir des jeunes cavaliers, et surtout des adolescents, se valoriser de la difficulté de leur cheval.
Certains en iraient même jusqu’à provoquer des défenses pour paraître plus méritants de les avoir maîtrisées.

Un dicton dit pourtant : « Il vaut mieux monter un tigre qui a l’air d’un agneau, qu’un agneau qui a l’air d’un tigre ! »
Le plus beau compliment qu’on puisse faire à un cavalier, qui a dressé son cheval, est de lui dire qu’il est facile, lui, parce que son cheval « va tout seul ».

Le moniteur doit convaincre ses élèves que la marque du bon cavalier n’est pas de corriger les fautes mais de les éviter, que le véritable mérite n’est pas de dominer le cheval mais de lui donner envie de collaborer.
Faire les choses bien et dans l’ordre, sans stress et sans défense ; en équitation, le temps perdu se rattrape toujours ! »

Luc Pirick

 

Je pense que cette citation est bien connue de la plupart d’entre vous et pourtant, j’aime la lire encore et encore. Elle me parle.

Quand j’étais plus jeune, quand j’étais ado, je rêvais de chevaux difficiles que moi seule pouvais apprivoiser avec lesquels je créerais un lien unique, un peu comme dans les livres heartland.

Je rêvais de challenge, de défis mais surtout de la gloire personnelle qui découlait d’avoir dompter la bête. J’aimais les chevaux d’école plus difficiles, pas seulement pour eux, mais pour la fierté d’avoir le droit de les monter.

Peu à peu les années sont passées. Ma vision de ce fameux lien unique a changé. J’ai eu quelques demi-pensions. Avec certains chevaux, c’était difficile, un combat presque constant, je me suis fait peur. Avec d’autres j’ai repris confiance, j’ai retrouvé le plaisir de monter à cheval. Et avec d’autres encore, j’ai appris le travail au sol et la juste mesure. Et puis est arrivée ma crevette.

Avec Lola, tout a été différent. J’ai pu appliquer tout ce que j’ai pu apprendre en 14 ans d’équitation et de relations avec des chevaux de tous genres avant notre rencontre, le tout en adaptant ces connaissances aux besoins de Lolette. Mais une chose était fondamentalement différente : avec Lola tout était/est simple.

10365971_1486716841559008_2598520249928349000_n.jpgAttacher et brosser une petite pouliche un peu pouilleuse ? simple.

Partir balader à la main une petite pouliche de 9-10 mois ? basique.

Transporter une pouliche sans le moindre soucis ? simple.

Monter la première fois sur son dos comme si c’était normal ? basique.

Sans vous refaire toute la chanson, vous l’aurez compris, tout s’est fait naturellement, tout seul en quelque sorte. Lola a toujours été curieuse et motivée à apprendre. Le débourrage s’est fait sans en être un (jamais la moindre boquée, un galop équilibrée depuis le début, les transitions à la voix, les changements de direction au poids du corps, etc…). Je le dis souvent, ma jument s’est débourrée sans moi.

En parallèle, j’ai connu des gens qui galéraient : chevaux trouillards, hyper-sensibles, manque de volonté… et là je me pose la question : si Lola avait été difficile, est-ce que j’aurais continué à m’accrocher ? Moi qui ne rêve plus que d’une petite vache pépère sans stress pour profiter de mes balades…

Et avec la maturité, je réalise avoir plus de fierté à me dire que tout a toujours été avec Lola que si je devais dire que c’était moi qui ai dompté la bête.

La réflexion que je me fais ne trouvera jamais de réponse. Lola aura 6 ans dans quelques jours. Ca a toujours été facile, même dans les moments difficiles en fait. Notre relation est-elle aussi simple car nous nous sommes trouvées ? Est-ce que j’ai formé mon cheval selon mes souhaits sans m’en rendre compte ? Est-ce que j’ai juste eu de la chance ?

Quelle que soit la réponse à ces différentes questions, je ne changerais pour rien au monde ce que nous avons vécu. Je ne peux pas me jeter des fleurs concernant ma capacité à gérer la bête, mais j’ai mieux. Je ressens une fierté immense face à l’évolution autonome de ma jument. Elle a grandit, est devenue mature (ou pas), autonome, et ce sans que je doive forcément intervenir.

Ma jument n’est ni un agneau, ni un tigre… c’est une perle avec son propre éclat.