Notre fabuleuse histoire : cheval de thérapie

Logo-Cavalcade.pngCet article est écrit dans le cadre de la 42ème cavalcade des Blogs, lancée par Aurélie du blog A dada mon Dadou et dont le thème est « Votre fabuleuse histoire ».

Pour cette édition, Aurélie m’a contacté en privé. J’avoue avoir décliné dans un premier temps car je peine à écrire sur un thème donné (si si, presque tous mes textes sont écrits spontanément en quelques minutes, même ceux où j’inclus des références). Ce thème d’une fabuleuse histoire m’a fait cogité. J’ai fini par trouver sur quoi écrire, mais encore fallait-il trouver les mots.

Donc finalement, voici notre fabuleuse histoire du moment :

En 2016, on me propose de prendre Lola pour faire de la thérapie avec les gens en situation de handicap du foyer de mon village. J’accepte, convaincue que cela pourrait être une merveilleuse expérience. Hélas, cela ne se fera pas. En effet, la thérapeute et Lola ont quelques difficultés pour s’entendre, laissant la thérapeute supposer que Lola n’a pas la maturité nécessaire pour s’adapter à différents cavaliers. A cette époque, Lola était déjà régulièrement montée par des enfants malgré ses 4.5 printemps. La sécurité avant tout, je n’insiste pas mais reste déçue de ne pas pouvoir nous lancer dans une aventure si pleine de sens à mes yeux.

 

Automne 2017, une amie cherche un cheval pour faire de la thérapie avec une résidente adulte du foyer où elle travaille. Le but serait de passer du temps avec l’animal en le brossant et en le caressant. Je lui écris pour lui dire que si elle souhaite tenter l’expérience, Lola est à sa disposition. On doit se redire.

Début décembre 2017, nous fixons une première date pour une séance test. Je suis tendue. Je fais confiance à Lola, l’ayant toujours connue exemplaire avec les enfants, mais reste que je ne connais pas la résidente ni ses réactions et je ne sais pas si Lola sera aussi brave avec une adulte. J’ai peur de ne pas être capable de gérer la situation et je sais que si je perds les pédales, Lola les perdra aussi. Je n’ai pas la boule au ventre, mais j’appréhende beaucoup. Je vais lire ici et là des choses sur la pathologie de la résidente mais je réalise rapidement qu’internet ne va pas m’aider au vu du fouillis total d’informations qui s’y trouve. Je me renseignerai auprès de mon amie suite aux séances.

Le jour J arrive. Nous faisons connaissances de manière très naturelle et je me détends immédiatement. Allez savoir pourquoi j’ai diabolisé la situation en l’appréhendant de la sorte. Le manque de connaissance et la peur de la différence sûrement. J’explique à la thérapeute et à la résidente comment nettoyer un cheval, les brosses à utiliser ainsi que 2-3 détails sur le comportement et l’histoire du cheval. Je m’attarde bien-entendu 2 secondes sur le fait que « non, Lola n’est pas ferrée ». Je me détends, je prends du recul et j’observe mon petite poney black and white. Lola tourne souvent la tête pour regarder ces 2 débutantes s’affairer autour d’elle, comme elle le faisait avec les enfants. Elle observe particulièrement la résidente. Je pense qu’elle sent qu’elle est différente d’une certaine manière. Ses pieds sont ancrés au sol, elle ne bougera pas si ces dames sont autour même si je la pousse, elle attend d’être certaine d’avoir la place. Aucune réaction brusque ni soudaine. Lola se laisse également caresser et brosser au niveau de la tête. Elle qui parfois fait sa sale gamine (mais je m’en fiche d’être propre de la tête !) reste calme, douce, les yeux mi-clos. La séance se passe à merveille.

 

Nous enchainons à raison d’environ 1 séance par semaine, voire tous les 10 jours. Ces séances me demandent une énergie mentale folle même si elles ne durent en général que 30 minutes. Je reste responsable que tout se passe bien et je suis constamment aux aguets mais Lola est exemplaire et après chaque séance je ne peux m’empêcher de me dire qu’il faudrait que je lui accorde la confiance qu’elle mérite largement. Elle se rue un peu trop fortement sur les carottes/pommes que la résidente lui amène, mais pour le reste, elle ne bouge pas une oreille et souvent, somnole entre 2 regards pour situer ces dames. La dernière fois, elle a même montré à la résidente où la gratouiller (base de la queue qu’elle met de côté en signe qu’elle aimerait bien une gratouille). Ainsi en quelques séances j’ai pu observer non seulement que la résidente se sentait de plus en plus à l’aise avec Lola, allant plus franchement vers elle, apprenant petit à petit à curer les pieds, mais j’ai également vu ma jument décider de lui faire confiance et se détendre. Elle ne bouge pas, reste les pieds figés au sol mais elle regarde moins où sont ces inconnues, elle profite de se faire cajoler, les yeux mi-clos, les oreilles pendantes.

Contrairement à ce que l’on pense des animaux, ce n’est pas « logique » pour un cheval d’accorder sa confiance et d’être aussi calme avec une personne si différente. Le cheval sent des choses qui vont au delà de la perception humaine et de notre compréhension. Lors d’une petite promenade dans la stabulation, j’ai remarqué des réactions très différentes d’un cheval à l’autre, passant de l’ignorance, la curiosité à l’aggressivité. En effet, la jument dont nous savons qu’elle a quelques soucis à gérer ses propres émotions n’a pas su comment réagir face à la vague d’émotions et de différence que dégageait la résidente et y a réagi en couchant les oreilles et en montrant les dents. Réaction très franche et à laquelle, je dois l’avouer, je ne m’y attendais pas, pensant que tous les animaux étaient gentils et doux avec les gens différents. Il est bien clair que pour accepter cela, il faut d’abord être bien dans sa tête. Lola, quant à elle, a présenté dès le début une curiosité polie. Tu m’intrigues, mais d’abord faisons connaissances.

A la base, cette expérience devait être une thérapie pour la résidente, mais au final, je crois bien que la thérapie va dans les deux sens et se transforme en séance de développement personnel pour nous trois. C’est une histoire d’apprentissage, de découverte de l’autre.

Il nous faut réapprendre à nous apprivoiser

 

C’est notre fabuleuse histoire….

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Mon cheval, l’écurie et moi

IMG_0531.JPGTrouver l’écurie qui convient au cheval et au cavalier, voilà qui semble proche de l’impossible. Le cavalier qui cherche son confort aura tendance à accepter des compromis pour son cheval. Moi la première je l’ai fait. Que c’est agréable d’avoir un grand carré, un petit manège, une chouette ambiance à l’écurie. Et puis le cheval sort tous les jours de son boxe pour aller au parc avec des copains. Que vouloir de plus ?

Malgré que j’étais très satisfaite de l’écurie où j’étais Continuer la lecture de Mon cheval, l’écurie et moi

Quand je ne souris plus

Le sujet dont je vais parler me tient à coeur. Contrairement à mon habitude, difficile pour moi d’y mettre de l’humour, de voir le bon côté des choses, de sourire. En résumé : je n’en peux plus.

Voilà maintenant 25 semaines que j’ai débuté la partie expérimentale de mon travail de master. Comment je sais cela exactement ? Je tiens un journal sur mon ordinateur sur lequel j’écris tout. Ainsi je sais que je passe mes semaines et mes week-ends à l’uni depuis plusieurs mois maintenant.

Au début je jonglais entre cours à l’uni, travail de master et travail prof (un 40%). Cela allait, les cours à l’uni n’étant pas franchement des plus chronophages. Ainsi je pouvais facilement m’occuper Continuer la lecture de Quand je ne souris plus

Droitier/gaucher – la facilité est une menteuse

J’ai enfin pris le temps de lire un article sur la dissymétrie du cheval monté écrit par Pierre Beaupère.

(Et voilà, bientôt elle nous dira qu’elle a mangé une pomme….)

Cet article m’a ouvert les yeux sur quelques points c’est pourquoi je me permets donc de reprendre certains éléments de cet article ainsi que leurs illustrations pour expliquer concrètement ce que cela signifie dans le cas de mon cheval.

Tout d’abord, en résumé : les chevaux, comme tout autre mammifère, sont soit droitiers, soit gauchers. Comme pour les humains, cela implique d’avoir un côté « fort » et un côté « faible ».

Le high/low – l’asymétrie des talons

Que ça sonne bien le high/low. Dire que son cheval est high/low, c’est intéressant, limite en vogue… « Tu regardes comment il broute et tu sauras. Si en plus il a un talon d’antérieur plus haut que l’autre, c’est sûr, il est high low ! ». Mesdames, messieurs : FAUX !

Le high/low est avant tout une atteinte ostéopathique qui Continuer la lecture de Droitier/gaucher – la facilité est une menteuse

Ces pieds qui ne rentrent pas dans le moule

Ah mais c’est logique qu’un beau pied doit répondre à une certaine conformité ! Il faut regarder les angles ! Et puis s’il n’use pas partout pareil, c’est qu’il n’est pas fait pour le pied nu !

Ah bon ? Car toi, petit humain, tu uses tes chaussures de manière équilibrée peut-être ? Jamais tu n’as la cheville qui part à l’intérieur ou tu poses davantage sur l’extérieur de ton pied ? Ah, tu as les pieds plats…. donc ça ne compte pas. Si tu le dis….

Pour les chevaux, c’est un peu pareil. Certains essaient de mettre tous les pieds dans des moules. Il y a les bons pieds nus, ceux qui avec un parage tous les 4 mois s’en sortent (des warriors de mon point de vue). Et pour le reste Continuer la lecture de Ces pieds qui ne rentrent pas dans le moule

La curiosité : entre chance et fléau

lola4Ce qui m’a le plus touché lorsque j’ai rencontré ma jument ? Sa nature curieuse et positive. Elle est venue vers moi, l’inconnue, et n’a pas hésité une seconde. A 6 mois, elle avait déjà un pas sûr et déterminé à tout découvrir.

J’ai profité de cette curiosité dans son éducation, l’encourageant à aller voir tout et n’importe quoi. Encore maintenant, bien souvent la curiosité l’emporte sur la peur : elle fonce sur les objets effrayants, déterminée à aller voir ce qu’il en est.

Et puis il y a le revers de la médaille. A pied, cela implique de se faire trainer à gauche à dsc_0073droite pour aller voir telle ou telle chose. Au pansage, elle est obligée de tout prendre dans la bouche (quoique elle s’est bien calmée suite à la fois où elle a pris la bouteille de vinaigre de cidre ouverte et en a avalé un coup). Un balai qui traine ? Fichu le balai. Une corde colorée qui traine ? La voilà 2m plus loin. La sellerie derrière le boxe ? S’y coincer est un jeu d’enfant. Les vieilles brosses ? On connait déjà, nul besoin d’y prêter attention. Continuer la lecture de La curiosité : entre chance et fléau

Un royaume pour mon cheval : Le poney black&white en boxe

Cet article fait suite à un autre article que j’ai découvert ce matin sur le net et auquel je me dois de réagir.

DSC_0548Vous l’aurez sans nul doute compris, je suis la première à vouloir retourner au naturel côté chevaux: pas de fer, pas de mors, copro avant vermifuge, soins naturels pour les petits bobos, etc…  Et pourtant, il y a une chose qui peut étonner mais qui est un fait avéré : mon cheval est en boxe une partie de ces journées.

En septembre 2015, je décide de prendre ma jument dans la pension la plus proche de chez moi. Seul hic : ma jument sera en boxe une partie de la journée (elle a toujours été en stabu). Dans cette pension, ils sortent au pré toute la journée en hiver et toute la nuit ainsi qu’une partie de la journée en été. Au début, ma jument sortait seule au parc : faute au fait que tous les chevaux avec qui nous essayions de la mettre Continuer la lecture de Un royaume pour mon cheval : Le poney black&white en boxe

Rétrospective 2016

On est déjà à la mi-décembre et il ne faut pas se le cacher, rien d’extraordinaire n’est prévu pour les 15 derniers jours restants de l’année 2016 (surtout que la cavalière est atteinte d’hibernation et que le poney Black&White est au chômage technique à défaut d’avoir une cavalière, mais la situation convient parfaitement aux deux, merci de vous en inquiéter)

Toutefois, cette année a été pleine d’émotions, de premières tentatives et de délires (surtout en fait). Du coup, petite rétrospective ^^

1ère initiation au cross : Continuer la lecture de Rétrospective 2016

Le poney à chaussons

Cette année semble particulièrement pénible pour les détenteurs de chevaux pieds nus. Terrains peu favorables car trop humides, herbe trop riche, métabolisme engorgé… bref plus d’un facteur contribuent à la sensibilité des pieds de nos amis. Le poney black and white n’y coupe pas.

Devant le fait accompli, l’achat d’hipposandales s’est imposé. Etant un peu pénible, j’ai recherché des boots qui répondaient aux critères suivants :

  • qui ne fassent pas « plot » aux pieds, donc esthétiquement jolies (ok, c’est pas prioritaire, on est d’accord)
  • qui ne soient pas composées de 300 couches de matières différentes qui risqueraient de pomper l’eau à la première flaque
  • qui ne tournent pas
  • dont les pièces peuvent être changées séparément sans devoir à chaque fois racheter une boot entière (à presque 100.- la boot, on veut éviter de devoir la changer trop souvent)
  • qui aillent au poney (qui a juste des pieds qui font 10.5 x 11.4 cm……non ce n’est pas petit, c’est juste mignon !)

Mon choix s’est donc porté sur les Easyboot Epic, un modèle de 2005 d’une marque qui fait ses preuves depuis 40 ans dans le domaine des hipposandales ! Continuer la lecture de Le poney à chaussons

Dépannage d’urgence : Boots faites maison (Test n° 2)

Ce test est la suite de cet article : https://leponeyblackandwhite.wordpress.com/2016/08/09/depannage-durgence-boots-faites-maison/#more-3229

2016-08-10 17.17.5310.08.2016 : Ce soir, rebelotte, on essaie à nouveau de bidouiller des boots en espérant qu’elles tiendront 1h de balade sur terrain à 80% bétonné et/ou caillouteux (et un peu d’herbe).
On recommence la combine mais cette fois en mettant un scotch sur le sabot avant de poser le caoutchouc. On emballe tout le pied pour ce deuxième essai et on part. Là à nouveau, aucune gêne pour marcher, ça se passe bien. Un bout de scotch semble se faire la malle mais rien ne bouge vu depuis dessus. 1h de balade, 6km, 80% béton et cailloux, allure du pas uniquement (le but étant de trouver une combine de boots qui dépanneraient pour une balade ou deux et non pas des boots pour le quotidien). Continuer la lecture de Dépannage d’urgence : Boots faites maison (Test n° 2)