Et si ça n’avait pas été facile ?

 » Il n’est pas rare de voir des jeunes cavaliers, et surtout des adolescents, se valoriser de la difficulté de leur cheval.
Certains en iraient même jusqu’à provoquer des défenses pour paraître plus méritants de les avoir maîtrisées.

Un dicton dit pourtant : « Il vaut mieux monter un tigre qui a l’air d’un agneau, qu’un agneau qui a l’air d’un tigre ! »
Le plus beau compliment qu’on puisse faire à un cavalier, qui a dressé son cheval, est de lui dire qu’il est facile, lui, parce que son cheval « va tout seul ».

Le moniteur doit convaincre ses élèves que la marque du bon cavalier n’est pas de corriger les fautes mais de les éviter, que le véritable mérite n’est pas de dominer le cheval mais de lui donner envie de collaborer.
Faire les choses bien et dans l’ordre, sans stress et sans défense ; en équitation, le temps perdu se rattrape toujours ! »

Luc Pirick

 

Je pense que cette citation est bien connue de la plupart d’entre vous et pourtant, j’aime la lire encore et encore. Elle me parle.

Quand j’étais plus jeune, quand j’étais ado, je rêvais de chevaux difficiles que moi seule pouvais apprivoiser avec lesquels je créerais un lien unique, un peu comme dans les livres heartland.

Je rêvais de challenge, de défis mais surtout de la gloire personnelle qui découlait d’avoir dompter la bête. J’aimais les chevaux d’école plus difficiles, pas seulement pour eux, mais pour la fierté d’avoir le droit de les monter.

Peu à peu les années sont passées. Ma vision de ce fameux lien unique a changé. J’ai eu quelques demi-pensions. Avec certains chevaux, c’était difficile, un combat presque constant, je me suis fait peur. Avec d’autres j’ai repris confiance, j’ai retrouvé le plaisir de monter à cheval. Et avec d’autres encore, j’ai appris le travail au sol et la juste mesure. Et puis est arrivée ma crevette.

Avec Lola, tout a été différent. J’ai pu appliquer tout ce que j’ai pu apprendre en 14 ans d’équitation et de relations avec des chevaux de tous genres avant notre rencontre, le tout en adaptant ces connaissances aux besoins de Lolette. Mais une chose était fondamentalement différente : avec Lola tout était/est simple.

10365971_1486716841559008_2598520249928349000_n.jpgAttacher et brosser une petite pouliche un peu pouilleuse ? simple.

Partir balader à la main une petite pouliche de 9-10 mois ? basique.

Transporter une pouliche sans le moindre soucis ? simple.

Monter la première fois sur son dos comme si c’était normal ? basique.

Sans vous refaire toute la chanson, vous l’aurez compris, tout s’est fait naturellement, tout seul en quelque sorte. Lola a toujours été curieuse et motivée à apprendre. Le débourrage s’est fait sans en être un (jamais la moindre boquée, un galop équilibrée depuis le début, les transitions à la voix, les changements de direction au poids du corps, etc…). Je le dis souvent, ma jument s’est débourrée sans moi.

En parallèle, j’ai connu des gens qui galéraient : chevaux trouillards, hyper-sensibles, manque de volonté… et là je me pose la question : si Lola avait été difficile, est-ce que j’aurais continué à m’accrocher ? Moi qui ne rêve plus que d’une petite vache pépère sans stress pour profiter de mes balades…

Et avec la maturité, je réalise avoir plus de fierté à me dire que tout a toujours été avec Lola que si je devais dire que c’était moi qui ai dompté la bête.

La réflexion que je me fais ne trouvera jamais de réponse. Lola aura 6 ans dans quelques jours. Ca a toujours été facile, même dans les moments difficiles en fait. Notre relation est-elle aussi simple car nous nous sommes trouvées ? Est-ce que j’ai formé mon cheval selon mes souhaits sans m’en rendre compte ? Est-ce que j’ai juste eu de la chance ?

Quelle que soit la réponse à ces différentes questions, je ne changerais pour rien au monde ce que nous avons vécu. Je ne peux pas me jeter des fleurs concernant ma capacité à gérer la bête, mais j’ai mieux. Je ressens une fierté immense face à l’évolution autonome de ma jument. Elle a grandit, est devenue mature (ou pas), autonome, et ce sans que je doive forcément intervenir.

Ma jument n’est ni un agneau, ni un tigre… c’est une perle avec son propre éclat.

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Mon cheval est un monstre

EDIT : au vu de certains commentaires que j’ai pu recevoir, je souhaite préciser que certaines expressions qui vont suivre dans ce texte comme notamment « faire son cheval en steak » sont à prendre au 2, 3, voir 9ème degré ! A aucun moment un cavalier ne souhaite la disparition de son animal, aussi infecte la situation puisse-t-elle être. Donc merci à tous de faire preuve de 2ème degré comme vous le faites généralement pour mes autres articles 😉

J’entends déjà venir les fervents défenseurs amoureux de ma jument : « Mais non, elle est trop chouuuue Lola !!! Et puis elle a peur de rien, c’est trop bien ! Jamais un écart », blablabla…

Avez-vous jamais pensé que ma jument puisse être une teigne au caractère difficile ? Qu’à la maison, lors de notre quotidien, nombreuses sont les fois où je souhaiterais en faire du steak ? (ou de la chinoise quand je me sens d’humeur à inviter des gens).

Ce qu’on voit en compétition ou ce que les gens acceptent de vous montrer, surtout sur internet, ce n’est souvent que la pointe rose à paillettes de l’iceberg qui représente la relation homme/cheval. Mais il est temps de tomber le rideau. Continuer la lecture de Mon cheval est un monstre

T’ai-je déjà dit merci ?

Déjà 17 ans que je monte à cheval. 17 ans que je côtoie des poneys et chevaux de tous les horizons, de tous les caractères. 17 ans que je vis un ascenseur émotionnel dû à ces animaux si exceptionnels, ascenseur émotionnel que ceux qui ne les côtoient pas ne peuvent pas comprendre.

578178_4923566360439_1114172448_nBientôt 5 ans que j’ai rencontré le poney black and white. Ce petit poulain un peu pouilleux mais tellement câlin avait su conquérir mon coeur en une caresse.

En 5 ans, il m’est arrivé de douter, de me dire que j’avais fait une erreur, que ma vie serait peut-être plus légère, plus libre sans mon poney.  On l’a tous pensé au moins une fois, avouons-le.

Mais en 5 ans, chaque moment de doute, de démotivation a été suivi d’un moment exceptionnel auprès de ma jument. Continuer la lecture de T’ai-je déjà dit merci ?

Mon cheval, l’écurie et moi

IMG_0531.JPGTrouver l’écurie qui convient au cheval et au cavalier, voilà qui semble proche de l’impossible. Le cavalier qui cherche son confort aura tendance à accepter des compromis pour son cheval. Moi la première je l’ai fait. Que c’est agréable d’avoir un grand carré, un petit manège, une chouette ambiance à l’écurie. Et puis le cheval sort tous les jours de son boxe pour aller au parc avec des copains. Que vouloir de plus ?

Malgré que j’étais très satisfaite de l’écurie où j’étais Continuer la lecture de Mon cheval, l’écurie et moi

Quand je ne souris plus

Le sujet dont je vais parler me tient à coeur. Contrairement à mon habitude, difficile pour moi d’y mettre de l’humour, de voir le bon côté des choses, de sourire. En résumé : je n’en peux plus.

Voilà maintenant 25 semaines que j’ai débuté la partie expérimentale de mon travail de master. Comment je sais cela exactement ? Je tiens un journal sur mon ordinateur sur lequel j’écris tout. Ainsi je sais que je passe mes semaines et mes week-ends à l’uni depuis plusieurs mois maintenant.

Au début je jonglais entre cours à l’uni, travail de master et travail prof (un 40%). Cela allait, les cours à l’uni n’étant pas franchement des plus chronophages. Ainsi je pouvais facilement m’occuper Continuer la lecture de Quand je ne souris plus

Oser partager son cheval

Jusqu’à l’achat du Poney Black & White j’ai toujours eu la chance de tomber sur des gens qui m’ont confié aveuglément leurs chevaux. J’en faisais plus ou moins ce que je voulais, les traitant comme s’ils étaient miens (mieux en fait, haha). Leur confiance me touchait.

img_9813Et puis en 2012 je rencontre ma jument et en 2013, elle devient mienne (égoïste power).

Il était plutôt clair pour moi que jamais je ne la prêterais. Éventuellement à mes amies pour dépanner, mais une demi-pension ? Jamais de la vie !

« J’ai pas payé un cheval pour le refiler à d’autre »

« Ils vont bousiller tout le travail que j’aurai fait dessus »

« Mon cheval m’aimera moins » Continuer la lecture de Oser partager son cheval

Amortisseur : et si on tentait autre chose que le mouton ?

Il y a quelques mois, on me parle d’un amortisseur hyper fun : lorsqu’on enfonce un doigt dedans, la matière se déforme, et lorsqu’on tente d’appuyer la paume, impossible.

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Il y a quelques jours, je tombe sur cet amortisseur à l’aspect douteux sur le présentoir mais dont la technologie me plait. Recevant ma nouvelle selle dans quelques jours, il me faudra de toute façon un amortisseur (car oui, même si j’essaie d’être discrète sur le dos du poney black & white, il y aura toujours moyen d’améliorer la situation). Bref, je craque et j’essaie ce fameux amortisseur de GT Concept Design. Continuer la lecture de Amortisseur : et si on tentait autre chose que le mouton ?

Ce que tu as sur la tête donne le ton de la fête

J’aurais également pu mettre comme titre « De l’habitude » histoire de me la jouer Montesquieu, mais je préfère les rimes.

Les chevaux prennent des habitudes tout comme nous. Une habitude assez flagrante que j’ai pu observer c’est le fait que les chevaux savent ce qu’on attend d’eux en fonction de ce qu’on leur met sur la tête. Voici mes exemples :

999608_1416556965241663_625946310_nLicol plat : licol pour le parc, licol pouilleux mais sans danger. Anciennement utilisé pour des Continuer la lecture de Ce que tu as sur la tête donne le ton de la fête

Première expérience en cross

12967546_10154108064838501_5637023881710872932_oHier, j’ai accompagné une amie à un cours de cross. Je n’avais pas osé l’inscrire en raison de notre manque complet d’expérience en saut/cross  et la crainte que les obstacles et le cours soient un trop gros challenge.

Arrivée sur place, je découvre des obstacles pour tous les niveaux et surtout assez bas !

Enchantée par le cours donné par un prof très pédagogue, je décide sur un coup de tête de m’incruster l’après-midi pour faire une toute petite initiation.

Nous ramenons la première jument et allons chercher le Poney Black & White. Continuer la lecture de Première expérience en cross

J’utilise un clicker et je le vis bien

LogoIl y a déjà quelques années de cela, j’ai entendu parlé du clicker : lobotomisation, perte du respect, automatisation du cheval, on le laisse plus réfléchir, etc etc… – J’ai donc directement mis de côté cette méthode.

Et puis il y a quelques mois, je découvre plusieurs couples qui utilisent la méthode du clicker : les chevaux sont respectueux, alertes, motivés, vigousses… – tout le contraire de ce que j’ai bien pu lire jusque là.

Peu à peu, l’idée a fait son bonhomme de chemin dans ma tête et je me suis dit « pourquoi pas essayer avec le poney black and white ? ».

D’abord, on commence par savoir ce que c’est exactement. Voici ma définition personnelle :

Le clicker est un outil de travail qui permet de travailler avec le renforcement positif. Lorsque l’animal réalise ne serait-ce qu’une ébauche du geste final demandé, le propriétaire clique puis félicite pour peu à peu arriver à ce geste final. Le renforcement positif étant l’utilisation d’une récompense des bons gestes plutôt qu’une punition des mauvais. La récompense peut tout aussi bien se faire sur le plan alimentaire qu’affectif. L’affectif ne répondant pas à un besoin primaire de l’animal, l’alimentaire montre très souvent des résultats plus intéressants. Il n’est toutefois pas absolument nécessaire de travailler avec de l’alimentaire ! Le clicker se distingue par sa stabilité (toujours le même son) et sa précision de timing.

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